Suite à la découverte d'un foyer de dermatose nodulaire contagieuse dans l'Aude, le département de l'Hérault a pris les devants en lançant une campagne de vaccination préventive. La chambre d'agriculture a obtenu une dérogation pour vacciner tous les bovins du département, une initiative lancée le 19 décembre dernier.
Malgré des intempéries et la période des fêtes de fin d'année, le rythme de vaccination reste soutenu dans la région. Selon un communiqué de la préfecture de l'Hérault, environ 56 % des bovins ont été vaccinés jusqu'à présent. Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture, a souligné l'importance de cette action, déclarant : "Il s'agissait d'établir un cordon sanitaire pour éviter la propagation de la maladie, particulièrement pour préserver certaines races menacées dans la région."
Une dynamique collective
Le foyer détecté à Pomas, petite commune limitrophe, avait exigé une réaction rapide pour éviter tout risque de contamination. Les autorités sanitaires prévoient l'abattage des troupeaux infectés et imposent un contrôle strict des mouvements de bovins dans un rayon de 50 km autour de la zone touchée.
Dans un cadre de solidarité, la préfecture a salué l'engagement des agriculteurs et des vétérinaires. Chantal Mauchet, préfète de l'Hérault, a exprimé sa gratitude envers tous les acteurs impliqués dans cette démarche, ajoutant que l'appel aux vétérinaires de l'Armée ou de la Sécurité civile n'avait finalement pas été nécessaire.
Objectif : immunité collective
Les experts estiment qu'il faudra environ trois à quatre semaines pour que le vaccin soit pleinement efficace. Actuellement, 6 910 bovins ont reçu leur dose sur un total de 12 400, et l'objectif est d'atteindre 75 % de couverture vaccinale d'ici le milieu de janvier. Selon Yann Louguet, directeur départemental de la protection des populations, presque tous les bovins dans la zone réglementée autour de Pomas ont déjà été vaccinés.
Cette vaccination est intégralement financée par l'État, un effort salué par plusieurs syndicats agricoles qui plaident également pour l'abandon de l'abattage systématique des animaux infectés. Ces syndicats ont récemment rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu pour aborder cet enjeu crucial dans le cadre de la santé animale.
Les experts, comme ceux de l'Institut de l'élevage, soulignent que la vaccination préventive est essentielle, non seulement pour protéger les animaux, mais également pour assurer la durabilité des élevages bovins en France.







