Chaque hiver, le sel joue un rôle crucial pour la sécurité des routes sur tout le territoire français. Pour accompagner les collectivités dans cette mission, les acteurs de l'industrie du sel s'organisent au sein d'une chaîne complexe. Selon le ministère des Transports, entre 400 000 et 800 000 tonnes de sel sont appliquées chaque année sur l'ensemble des réseaux routiers, un chiffre qui varie considérablement en fonction des conditions météorologiques.
Gaëtan Chapleau, directeur général de Quadrimex Sels, l'un des principaux fournisseurs de sel de déneigement en France, avertit que la gestion des stocks est un défi d’ampleur. « À l’heure actuelle, nous constatons des demandes bien plus élevées dans certaines régions, particulièrement dans le nord-ouest où un client a récemment commandé 2 000 tonnes, alors qu'il avait prévu seulement 500 tonnes pour toute l'année 2025 », explique-t-il. Malgré cela, certains secteurs, comme le nord-est, font face à des besoins plus modérés selon Ludovic Malaty, directeur méthode et matériel chez APRR. « Nous avons utilisé près de 9 000 tonnes de sel entre novembre et décembre, une quantité relativement ordinaire », souligne-t-il.
Le secteur du sel en France, qui représente environ 3 200 emplois directs, a une production annuelle d'environ six millions de tonnes. Il est important de noter que 35 % à 40 % de ce sel est importé d'autres pays européens comme l'Espagne, la Pologne et même du nord de l'Afrique. Ce mélange permet non seulement d'approvisionner les routes, mais aussi de répondre à des variations de demande imprévues.
Le sel routier provient de deux sources principales : les mines souterraines de sel gemme, comme celle de Varangéville, et les marais salants où l'eau de mer s'évapore. Chacune de ces sources constitue environ 50 % du marché. Une fois extrait, le sel est traité et souvent mélangé à des additifs pour augmenter son efficacité. Il est ensuite entreposé stratégiquement, permettant aux fournisseurs de répondre rapidement aux besoins des collectivités locales.
D'ailleurs, l'application du sel sur les routes ne consiste pas simplement à le répandre. En général, il est utilisé de manière préventive pour abaisser le point de congélation de l'eau. « Le sel est efficace jusqu'à environ -7 à -8 °C », explique Ludovic Malaty. À des températures plus basses, il est souvent mélangé à de la saumure, tandis qu'à des températures encore plus extrêmes, le chlorure de calcium est employé.
Malgré son rôle inestimable dans l'entretien des routes, l’utilisation du sel pose des problèmes environnementaux. En effet, comme l'indique le site d'information Le Monde, le chlorure de sodium peut altérer la qualité des sols et affecter les écosystèmes locaux, impactant la flore et la faune. Cette difficulté soulève des interrogations quant à l'équilibre entre sécurité routière et préservation de l'environnement.
Face à ces enjeux, la France mobilise environ 7 500 agents et 6 000 camions pour assurer le déneigement lors des périodes de fortes chutes de neige. Le ministère des Transports assure que ces mesures sont essentielles pour garantir des conditions de circulation sécurisées. En outre, les enjeux liés à la production et à l'utilisation du sel requièrent une attention particulière de la part de tous les acteurs impliqués.







