Le 7 janvier 2026, la métropole toulousaine a été le théâtre d'une mobilisation spectaculaire orchestrée par des agriculteurs déterminés à faire entendre leur voix. À l'aide de tracteurs, de bottes de paille et de fumier, ces derniers ont érigé une dizaine de barrages sur les principaux axes routiers, cherchant à "paralyser" la ville face à une crise qu'ils jugent alarmante. Cette action s'inscrit dans un contexte de tension accrue alors qu'une réunion des ministres de l'agriculture des Vingt-Sept se profile à l'horizon.
Les agriculteurs, principalement soutenus par la Coordination rurale (CR) et la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FDSEA), font pression sur le gouvernement afin d'obtenir des réponses aux enjeux qui les préoccupent. Lionel Candelon, membre de la CR, a affirmé : "Nous ne nous déplacerons pas tant que nous n'aurons pas de réponses." Pierre Solana, un éleveur du Gers, a souligné l'importance de trouver des solutions pour sauver l'agriculture française, ajoutant que ces actions sont un moyen de tenir le gouvernement responsable de ses promesses non tenues.
L'A68 coupée par un barrage
En prévision de la mobilisation, le préfet de la région Occitanie a pris des mesures d'interdiction en raison du "risque de troubles à l'ordre public“. Toutefois, cela n'a pas dissuadé les agriculteurs, qui ont commencé à bloquer la circulation dès le matin, provoquant de nombreux embouteillages à travers Toulouse. Comme l’a rapporté Le Monde, des barrages ont été mis en place sur l'A68, entraînant des heures de congestion.
Les manifestants réclament une vaccination généralisée pour les animaux et un arrêt des abattages systématiques en cas de détection de maladies dans les troupeaux. Enzo, agriculteur et membre des Jeunes Agriculteurs, a exprimé son mécontentement face à l'accord de libre-échange avec le Mercosur qui pourrait graver dans le marbre des conditions défavorables pour les agriculteurs français. "C'est un ras-le-bol total," a-t-il déclaré, indiquant que les promesses faites par le gouvernement semblent désormais oubliées.
Un soutien croissant des citoyens
En parallèle des actions sur le terrain, des voix s'élèvent de la part de citoyens et d’experts concernés par cette crise agricole. Selon des analystes, cette mobilisation pourrait bien être un tournant dans la relation entre les agriculteurs et le gouvernement, qui semble de plus en plus distant. "La résilience des agriculteurs face à cette crise est désarmante, mais leur détermination est la clé de leur succès potentiel," a commenté un expert de l'agriculture sur France Inter.
Alors que la France se prépare à accueillir des manifestations plus importantes, les agriculteurs espèrent que leur colère sera entendu au-delà des barrières physiques qu'ils érigent autour de Toulouse. Dans les jours à venir, la route vers Paris reste tracée pour ces manifestants, désireux de défendre la dignité de leur métier et l’avenir de l’agriculture française.







