Il y a quatre ans, le village de Narsaq, niché au sud du Groenland, a triomphé dans sa lutte contre la société australienne Energy Transition Minerals. Cette communauté a réussi à bloquer l'exploitation du gisement de Kvanefjeld, où se trouvent des métaux critiques comme l'uranium et le zinc, un projet qui menaçait l'intégrité écologique de la région. En réponse, la ministre des Ressources naturelles, Naaja Nathanielsen, a interdit toutes les mines d'uranium sur l'ensemble du territoire groenlandais, mettant ainsi en avant la nécessité de protéger l'environnement.
Les habitants de Narsaq ne se doutaient pas que les décisions prises à Nuuk, la capitale, pourraient être influencées par des agendas extérieurs. Tout a changé avec l'élection de Donald Trump, qui a exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour le Groenland, le qualifiant d'une “nécessité absolue” pour les États-Unis. Des agents de l’administration Trump ont intensifié leurs efforts pour se lier aux ressources naturelles du Groenland, comme l'a noté une enquête du quotidien danois Politiken.
Malgré les apparences, le sous-sol du Groenland recèle des richesses inestimables. Cobalt, lithium, nickel et autres métaux essentiels à la décarbonation s’y trouvent en abondance. Cependant, peu de projets miniers ont survécu à la rude réalité des infrastructures manquantes, comme l'explique le journaliste danois Magnus Lund Nielsen, qui souligne que les entreprises doivent tout construire, y compris des routes et des ports.
De manière paradoxale, le réchauffement climatique complicate l’accès à ces ressources. Beaucoup du territoire groenlandais repose sur du pergélisol, un sol qui devient extrêmement instable lors du dégel. Le géographe Asa Rennermalm met en garde : “Le sol se dérobe littéralement sous vos pieds”. Pour Paul Bierman, géologue à l’Université du Vermont, un boom minier au Groenland n’est pas à l’ordre du jour. Il considère de nombreux projets comme de simples “chimères”, mais estime que cela pourrait être une bonne nouvelle. La calotte glaciaire du Groenland, selon lui, représente une richesse inestimable. “Si elle fond, le niveau des mers pourrait augmenter de sept mètres, provoquant des millions de déplacements de populations et des coûts catastrophiques.” Ainsi, Bierman conclut dans Der Spiegel qu’il est primordial de protéger le Groenland plutôt que de l’exploiter.
Cette perspective sur la question des ressources naturelles attire l'attention sur la nécessité de préserver les écosystèmes fragiles plutôt que de se laisser entraîner par l’appétit vorace pour les matières premières. Alors que les ambitions américaines continuent de se préciser, les voix pour la protection de l'environnement se multiplient, et les Groenlandais de Narsaq demeurent vigilants face aux menaces qui planent sur leur terre.







