La situation à Strasbourg est alarmante : Dumarey Powerglide, un nom bien connu dans le secteur automobile, a annoncé la fermeture de son usine d'ici la fin de l'année, ce qui entraînera la perte de 320 emplois. Cette décision fait suite à l'arrêt prématuré d'un contrat crucial avec ZF, son principal client.
Arnaud Bailo, président de Dumarey Powerglide Strasbourg, a commenté avec émotion ce choix difficile, évoquant des conséquences humaines et sociales majeures. "Nous avons informé le Comité Social et Économique (CSE) d'un projet de cessation d'activités prévu pour 2026," a-t-il déclaré, soulignant l'impact dramatique sur les salariés.
Ce choix s'ajoute à un précédent plan social, qui avait déjà entraîné la suppression de 234 emplois l'année dernière. Les licenciements vont s'échelonner, avec une centaine de départs attendus dès juin, suivis de près par environ 200 autres en août, et enfin une ultime vague jusqu'à fin 2026, selon les informations relayées par Malek Kirouane, délégué syndical CGT.
Le chiffre d'affaires de Dumarey a chuté de 85 % suite à une rupture inattendue des commandes de transmissions automatiques, alimentée par une crise plus large du secteur automobile. "Difficile de trouver des solutions dans un tel contexte," a regretté M. Bailo, alors que les ambitions précédentes de diversification demeurent floues.
Les conséquences sont lourdes non seulement pour les salariés de Dumarey, mais également pour les nombreux sous-traitants qui dépendent de cette usine. Laurent Julien, secrétaire CFDT du CSE, a décrit la situation comme une "fracture sociale", affirmant que beaucoup d'employés ne s'attendaient pas à une telle annonce, bien qu'un malaise se faisait sentir. "La direction a été très opaque," a-t-il ajouté.
Des discussions pour explorer les options de reclassement et l'avenir de l'usine devraient débuter la semaine prochaine, mais beaucoup se demandent si des perspectives viables peuvent encore émerger. L'un des arguments avancés est que la direction a investi 80 millions d'euros en 2020 pour s'adapter au marché électrique, mais les résultats n'ont pas été au rendez-vous, les commandes restant en deçà des attentes.
Dans un contexte plus vaste, l'industrie automobile en France et en Allemagne subit des turbulences, avec une baisse des ventes de voitures exacerbée par des prix élevés et une demande stagnante en Chine, le principal marché pour les fabricants européens. Les avis d'experts pointent du doigt une gestion stratégique défaillante, même en période de santé financière. "C'est un échec qui coûte cher," conclut Kirouane.
La fermeture imminente de l'usine Dumarey à Strasbourg ne fait pas seulement écho à une crise sectorielle, mais soulève également des questions sur l'avenir de l'emploi dans toute la région, qui a vu ses effectifs s'élever à plus de 2 500 salariés dans le passé, alors que l'usine appartenait à General Motors jusqu'en 2013.







