Depuis plusieurs mois, la filière légumière en Bretagne, et en particulier celle du chou-fleur, fait face à de grandes turbulences. Une forte baisse des prix, combinée à une concurrence accrue sur le marché international et à une surproduction due aux fluctuations climatiques, engendrent de sérieuses inquiétudes. Avec près de 90 % de la production nationale, les professionnels du secteur sonnent l'alarme sur l'urgence de redonner de la valeur aux légumes frais français.
« Aujourd'hui, nous - producteurs, fabricants d'emballages, distributeurs et logisticiens - parlons d'une seule voix. L'équilibre économique de toute la filière fruits et légumes est fragilisé. Il est crucial de justifier le prix des légumes frais français pour que toute la chaîne puisse continuer à fonctionner de manière durable », expliquent les acteurs concernés.
La situation actuelle impose des défis majeurs. Les charges ont constamment augmenté sur les cinq dernières années : +25 % pour les exploitations agricoles, +30 % pour le matériel, et jusqu'à +20 % sur la logistique et l'emballage, rendant insoutenable la stratégie de prix actuelle. Ces hausses préoccupent tous les acteurs de la chaîne, des champs aux rayons de supermarché, sans que la question des prix ne soit liée à la spéculation.
« Ce que nous demandons, c'est un prix juste », poursuivent-ils. C'est un prix qui permettra à chacun de vivre dignement de son travail, d'investir dans l'avenir, et qui reflète le coût réel dans le cadre actuel. L'alimentation ne doit plus être vue comme une variable d'ajustement permanente ; le juste prix est celui qui engage les entreprises, les distributeurs et, in fine, les consommateurs. Nos consommateurs ne sont pas que des acheteurs : ils sont des partenaires essentiels dans cette dynamique. En ce sens, faire vivre une filière de légumes frais en France est une activité complexe, confrontée à des enjeux économiques, climatiques et humains. Sans un prix soutenable, il sera ardu pour les acteurs de se projeter et d’investir dans la résilience nécessaire face aux défis à venir.
Redonner de la valeur au prix des légumes, c'est renforcer l'ensemble de la chaîne face aux crises économiques et climatiques. C'est préserver des emplois, des compétences et assurer notre souveraineté alimentaire. Comme le souligne une récente étude dans Le Monde, il est temps de réfléchir collectivement à notre modèle alimentaire et d'assumer le choix du prix que nous sommes prêts à payer.
« Le prix d'un produit frais est un choix de société. Prenons-en conscience ensemble » concluent les signataires, qui comprennent des acteurs clés tels que Marc Kerangueven de Prince de Bretagne, Philippe Réveillard de Terres de Saint-Malo, ainsi que plusieurs grands distributeurs comme Intermarché et Carrefour.







