À Schiltigheim, dans le Bas-Rhin, une boulangerie a choisi de bouleverser le modèle traditionnel de travail en adoptant un fonctionnement coopératif. Depuis 2019, les fondateurs, Éric Duterque et Benoît Fleury, ont mis en place un système où chaque membre de l'équipe est à la fois employé et gestionnaire de l'établissement. Cette approche novatrice a pour but d'améliorer la qualité de vie au travail, malgré les défis associés à ce métier exigeant.
Leurs journées commencent tôt le matin. Comme le souligne Benoît, les premiers pains doivent être prêts à 6 heures pour leur clientèle, qu'ils approvisionnent en moyenne avec 200 à 300 kg de pain par jour. Ce rythme intense, souvent éprouvant, est néanmoins compensé par un environnement de travail où chacun contribue à la gestion et à la production.
Éric, qui avait auparavant une carrière dans l'informatique, et Benoît, designer graphique, ont souhaité s'investir dans un projet qui leur permettrait d'exprimer leur créativité tout en poursuivant un modèle plus humain. "La boulangerie m'a toujours fasciné, surtout lorsque j'ai réalisé que je pouvais y insuffler ma propre touche créative", confie Éric. En effet, la coopérative permet une plus grande autonomie dans la création des recettes et l'organisation du travail, ce qui favorise un esprit d'équipe.
Le système coopératif favorise aussi une répartition des tâches plus équitable. Comme l'explique Éric : "Chacun prend la responsabilité de différents aspects de l'entreprise, qu'il s'agisse de la production, de la gestion des stocks ou de la vente. Cela permet d'avoir une vision globale qui aide chacun à mieux comprendre le fonctionnement de la boulangerie." La coopérative a ainsi attiré des jeunes comme Noémie Waldt, qui a intégré l'équipe après avoir été séduite par ce modèle collaboratif. Ne souhaitant pas rester éternellement, elle apprécie d'avoir été formée et impliquée dans un cadre si gratifiant.
La boulangerie ne se limite pas à produire du pain. Elle s'efforce de revitaliser le secteur grâce à des méthodes de travail qui peuvent séduire les nouvelles générations. "C’est une manière de réinjecter de la vie dans le métier et d’attirer une clientèle jeune", affirme Bernadette Klein, cliente assidue qui voit ce modèle comme une chance unique pour la profession.
Ce modèle coopératif, en plus d’attirer les jeunes, pourrait également favoriser le renouveau des boulangeries artisanales en zone rurale. Le secteur de la boulangerie, malgré les défis, continue d’afficher un bon chiffre d'affaires au niveau national, estimé à 15 milliards d'euros d'ici 2025, selon des rapports de l'industrie. En mettant en avant l'originalité, l'authenticité et l'engagement communautaire, cette boulangerie de Schiltigheim pourrait bien devenir un exemple à suivre.







