Lorsque l'on examine les données économiques de l'Union européenne, la Pologne se distingue nettement avec une croissance projetée de 3,2% pour 2025, excessivement supérieure à la moyenne de la zone euro de 1,3%. Monsieur Andrzej Domański, ministre des Finances, a déclaré au Financial Times: "Il n'y a aucune raison valable d'abandonner notre monnaie".
Avec un PIB par habitant qui a doublé en vingt ans, la Pologne frôle un niveau de vie similaire à celui du Japon selon des estimations en parité de pouvoir d'achat. Malgré ces succès, le pays, qui fait partie des six membres de l'UE n'ayant pas adopter l'euro, ne semble pas pressé de faire le saut vers la monnaie unique.
"Il y a deux ans, j’étais inquiet que la Pologne soit à la traîne dans une Union européenne à deux vitesses. Aujourd'hui, je suis convaincu de notre position parmi les leaders économiques".
Un recent sondage du journal conservateur Rzeczpospolita a révélé que 60% des Polonais s'opposent à l'adoption de l'euro. Ce sentiment est partagé à la fois par le parti eurosceptique Droit et Justice (PiS) et par la coalition libérale au pouvoir, dirigée par Donald Tusk.
"Nous ne travaillons pas à l'adoption de l'euro pour des raisons économiques, pas politiques".
Un choix stratégique contre une zone euro instable
Les responsables polonais, comme Adam Glapiński, gouverneur de la Banque centrale polonaise (NBP), critiquent ouvertement l'idée que l'adoption de l'euro favoriserait le développement économique. Dans un rapport, il souligne la difficulté de mener une politique monétaire optimale pour des économies aussi diverses que celles de la zone euro. Il affirme que les prétendus bénéfices de l'euro [...] "ne se sont pas matérialisés".
"Les pays comme l'Espagne et le Portugal montrent que l'adoption de l'euro peut conduire à des crises économiques".
De plus, la Pologne bénéficie d'une politique monétaire indépendante, lui permettant d'adapter ses taux d'intérêt en fonction de l'évolution économique, ce qui, selon Glapiński, a été un atout lors des crises récentes.
Bien qu'elle ait levé 261 milliards d'euros dans le cadre des fonds européens depuis son adhésion à l'UE en 2004, la Pologne doit également faire face à des défis à long terme, principalement en raison de sa faible natalité (1,03 enfant par femme). Cependant, pour l'instant, le gouvernement polonais semble convaincu que son choix de conserver le zloty est la meilleure voie vers un avenir prospère.







