Le prix moyen du litre de gazole dans les stations-service en France a franchi la barre des 2,20 euros, atteignant 2,1888 euros. Ce chiffre représente une augmentation de 8 centimes en seulement une semaine, et près de 50 centimes depuis le début des hostilités au Moyen-Orient. Une situation qui accroît la pression sur le gouvernement, qui est appelé à renforcer ses aides face à la flambée des carburants, selon les dernières données du ministère de la Transition écologique.
Le gazole, carburant le plus utilisé en France avec une part de marché d'environ 68 %, voit son tarif moyen continuer d'exploser. Le sans plomb 95-E10, quant à lui, frôle les 2 euros (1,9712 euro), et a également augmenté de 3 centimes la semaine dernière. Cette hausse est directement liée à l’escalade du conflit, puisque depuis le début des frappes contre l'Iran, les prix ont grimpé de 26 centimes pour l'essence, soit deux fois moins que pour le gazole.
Selon Patrick Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières, cette différence s'explique par la forte dépendance de l'Europe aux importations de diesel en provenance du Moyen-Orient. En outre, la fiscalité moins lourde sur le gazole, dont les taxes représentent moins de 45 % contre plus de 50 % pour l'essence, le rend plus sensible aux variations du prix du baril.
Les prix à la pompe sont en corrélation directe avec les cours du pétrole, car la situation au Moyen-Orient entraîne une flambée des coûts. Le baril de Brent, référence sur le marché mondial, a atteint 110 dollars, contre environ 70 dollars avant le démarrage des hostilités. En ce début de semaine, il s’échangeait encore autour de 115 dollars.
Pour l’instant, le gouvernement français a écarté toute mesure généralisée de soutien sur les carburants, refusant de réduire les taxes ou de plafonner les prix. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a déclaré sur Europe 1 : «Le carnet de chèques, de manière générale, ne peut plus être utilisé pour l’ensemble de nos concitoyens».
Le gouvernement a annoncé une série d’aides ciblées pour les secteurs les plus touchés, tels que le transport routier, l'agriculture et la pêche. Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par les professionnels du secteur. En signe de protestation, les transporteurs routiers ont organisé des actions de blocage pour exprimer leur mécontentement.







