Dans un étonnant retournement de situation, un homme a été interpellé à tort pour possession de 2,8 kg de cannabis, une affaire menée par les douanes du Val-de-Marne. Au départ, le colis en provenance des États-Unis a désorienté les autorités, qui ont perdu leur chemin avant de découvrir le faiseur. Un Britannique de 34 ans a finalement été arrêté, et en fouillant un hôtel près de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, 2,8 kg supplémentaires de cannabis ont été saisis.
Lorsque les agents ont arrêté Stéphane (prénom modifié) sur son lieu de travail, il a d'abord été pris de confusion. En effet, son identité avait été usurpée. Il n’avait rien à voir avec cette affaire, mais une commande frauduleuse faite à son nom, a mis sa vie sens dessus dessous.
Les enquêteurs, déterminés à résoudre ce mystère, ont trouvé que le colis, évalué à environ 13 700 euros, avait été destiné à un point relais à Chelles. Un suivi en toute discrétion a permis d'intercepter le vrai destinataire du colis, qui s'avérait être impliqué dans un réseau de trafiquants.
Le jour qui a suivi l'arrestation du Britannique, une perquisition dans un hôtel a révélé une seconde cache de drogue, prouvant ainsi le sérieux de l'opération. Le prévenu a été amené devant le tribunal correctionnel de Meaux. Lors de cette audience, il a expliqué à l'aide d'une interprète qu'il avait été approché via Telegram pour ce petit travail rémunéré. Déclarant ne pas être au courant de la nature criminelle de sa tâche, il a affirmé qu'on lui avait simplement demandé d’attendre qu'on lui donne une adresse.
Le procureur, Éric de Valroger, a requis une peine sévère de 9 mois de prison, dont 5 mois ferme, insistant sur le « trouble à l'ordre public considérable ». Il a mis en avant les conséquences dramatiques vécues par Stéphane à la suite de cette erreur judiciaire, notant que ce dernier, détenteur d’un titre de séjour, était un individu innocent. Le tribunal a noté l'inquiétude qu'une telle situation a causée à l'intéressé.
Me Alice Ouaknine, avocate de la défense, a précisé que son client était en bas de la hiérarchie criminelle et a demandé une peine avec sursis pour lui permettre de conserver son emploi en Angleterre, sans obligation de revenir en France. Néanmoins, le tribunal a suivi l'avis du procureur et a condamné le prévenu à une peine de prison, ainsi qu'à une interdiction du territoire français pour cinq ans.







