l'essentiel
La pollution à la cocaïne perturbe le comportement des poissons sauvages. Chez les saumons, l'exposition à cette drogue issue des eaux usées les pousse à nager presque deux fois plus loin, soulignant un impact écologique inattendu.
Une étude dirigée par des universités australiennes et suédoises met en lumière l'effet perturbateur de la pollution par la cocaïne sur le comportement des poissons. Les chercheurs ont constaté que les saumons, exposés aux résidus de cette drogue dans leur habitat naturel, surviennent à une accélération de leurs mouvements. En se basant sur une étude de l'Agence de l'Union européenne sur les drogues, on observe que la concentration de cocaïne dans les eaux usées a augmenté de 22 % entre 2024 et 2025.
Une méthodologie novatrice
Pour évaluer l’impact de ces polluants sur le déplacement des poissons, l'équipe de recherche a capturé 150 saumons de l'Atlantique dans le lac Vättern en Suède, les divisant en trois groupes : un témoin, un groupe exposé à la cocaïne et un autre au benzoylègone, un métabolite de la cocaïne souvent retrouvé dans les eaux usées. Selon les chercheurs, les saumons exposés au benzoylègone ont nagé jusqu'à 1,9 fois plus loin par semaine, atteignant des distances jusqu'à 12,3 km au-delà de leur zone initiale.
Ces modifications de comportement ont augmenté avec le temps, indiquant que l'exposition à ce toxique transformerait les schémas d'utilisation de l'espace au sein de l'écosystème.
Un enjeu environnemental majeur
Marcus Michelangeli, co-auteur de l'étude, souligne l'importance de cette recherche dans le contexte plus large de la pollution dans les écosystèmes aquatiques. "Bien que l'idée que la cocaïne impacte la vie marine semble étonnante, il est crucial de réaliser que la faune est déjà exposée à un large éventail de substances d'origine humaine. Ce qui est vraiment dérangeant, c’est la concentration croissante de drogues et de produits pharmaceutiques dans nos rivières", explique-t-il. Cette situation souligne un défi environnemental concret, invitant à réfléchir sur la qualité de nos voies d'eau.







