La femme s'appelait Hakima Boukerouis. Son corps mutilé avait été retrouvé en janvier 2005 dans un tonneau à Saint-Quirin, en Moselle. Après 20 ans d'inconnue, l'opération d'Interpol "Identify Me", lancée en 2023, a permis son identification.
Cette initiative a été mise en place pour solliciter l'aide du public dans l'identification d'une quarantaine de femmes dont les corps avaient été retrouvés dans divers pays européens au fil des décennies. "Au départ, nous avions 47 cas de femmes victimes d’homicides non résolus", explique le docteur en génétique François-Xavier Laurent, expert à Interpol, dans une interview à BFM TV.
Les corps, souvent victimes d'une mort violente, n'étaient pas identifiables, car absents des fichiers policiers. "Si nous ne pouvons pas leur donner un nom, nous ne pouvons pas déterminer qui aurait pu les tuer", ajoute-t-il.
Pour chaque cas, des fiches détaillées sont diffusées, incluant la date de décès présumée, des descriptions physiques, et des portraits-robots, ainsi que des objets personnels.
Les équipes d'Interpol espèrent que des témoins pourraient reconnaître un détail et ainsi aider aux enquêtes. Par exemple, Hakima Boukerouis était surnommée "la femme à la couronne dentaire Richmond", une référence à ses soins dentaires spécifiques qui pourraient révéler un lien avec des soins en Allemagne.
Selon Laurent, "Tout ce qui est informatif est mis à la disposition du public pour augmenter les chances d'identification." Les retours du public se sont avérés fructueux : "Nous avons reçu plus de 5,000 messages concernant ces affaires", confie-t-il.
Pour la première fois, un homme a été arrêté dans le cadre de cette opération, présumé être le mari de Hakima Boukerouis, comme rapporté par Le Républicain Lorrain.
"Nous souhaitons renforcer notre efficacité pour utiliser l'aide du public non seulement sur 46 affaires, mais sur toutes les affaires à venir", déclare Laurent. En attendant, Interpol reste déterminé à continuer son travail pour redonner des noms à d'autres victimes.







