Ce mardi soir, Poitiers accueille une conférence intitulée "L'eau, un élément vital en péril". Animée par la journaliste Juliette Duquesne, cet événement aborde des enjeux cruciaux tels que la nécessité de revoir notre modèle d'irrigation. Dans le contexte social français, un autre sujet tout aussi crucial est également sur le tapis : la pérennisation des Territoires zéro chômeur de longue durée.
Initié par une loi en 2016, ce dispositif novateur repose sur un principe fondamental : personne n'est inemployable. Il permet à des territoires de taille comprise entre 5.000 et 10.000 habitants de constituer des "entreprises à but d'emploi" (EBE), lesquelles recrutent en contrat à durée indéterminée des personnes durablement éloignées du marché de l'emploi. Pierre-Yves Marolleau, ancien maire de Mauléon, a été l'un des pionniers de ce projet.
Pierre-Yves Marolleau : "Ce programme permet aux habitants privés d'emploi de retrouver une activité au sein d'entreprises comme l'E.S.I.A.M. À Mauléon, nous avons actuellement environ 80 employés, et plus de 130 personnes ont bénéficié de cette initiative depuis son lancement." La dynamique est positive, selon Marolleau, car elle offre des opportunités à ceux qui se trouvent souvent éloignés de l’emploi pour des raisons de santé, familiales ou de handicap.
Toutefois, le futur de ce dispositif reste incertain en raison du manque de cadre juridique et financier national. Les débats au Sénat se heurtent à des préoccupations sur le coût de l'expérimentation. L'ancien maire souligne :
"Il est vrai que cela a un coût, car l'État prend en charge entre 85 et 90% des salaires. Mais le retour sur investissement est indéniable : les salariés d'EBE participent à l'économie locale, bien plus qu'ils ne perçoivent d’aides sociales telles que le RSA."
Marolleau fait allusion à un projet de loi prévu pour 2026 qui devrait assurer la pérennité de 4.400 emplois dans 80 territoires. Le sénateur Philippe Mouiller, qui suit l’évolution de cette initiative depuis le début, a confirmé qu’une discussion sur la loi aura lieu prochainement au sein des commissions.
Cette loi, portée par le député des Vosges Stéphane Viry, vise à inscrire le dispositif dans la continuité. Pierre-Yves Marolleau le recommande vivement : "C’est la troisième loi liée à ce dispositif. La première en 2016, la seconde en 2021, et la prochaine en 2026 devrait permettre une pérennisation définitive. Nous avons constaté des retours positifs des différents groupes politiques, indépendamment des aspects financiers."
Il mentionne également que, malgré les critiques sur le coût, le modèle économique de ces EBE est en évolution. "Au début, notre chiffre d'affaires était de 100.000 euros. Aujourd'hui, nous avons atteint environ 500.000 euros. C'est un signe d'amélioration qui montre qu'il est possible de créer une activité économiquement viable tout en remplissant une fonction sociale essentielle."
À l'heure où le chômage de longue durée reste un enjeu majeur en France, cette initiative pourrait bien représenter une lueur d'espoir pour de nombreux citoyens. Les progrès en cours et les espoirs de pérennisation soulignent l'importance d'un soutien continu pour garantir un futur sans chômage de longue durée.







