Un nouvel événement tragique dans la Marne relance une question pressante : pourquoi les décès sur la route parmi les jeunes n'éveillent-ils ni débats ni réactions collectives ? En parallèle, un triste constat s'impose : les féminicides en France continuent de grimper, atteignant 107 cas en 2024 après 164 l'année précédente. Pourtant, croire que cette réalité est inéluctable serait une grave erreur.
La France n'est pas restée inactive. Depuis 2010, elle a mis en place plusieurs outils inspirés du modèle espagnol, notamment : les ordonnances de protection, le téléphone grave danger et le bracelet anti-rapprochement. Les investissements financiers dans ce domaine ont augmenté, tout comme la sensibilisation du public. Cependant, ces efforts semblent insuffisants pour enrayer la hausse des féminicides.
Des plaintes qui n’aboutissent pas
La dure réalité est que seules 20 % des femmes victimes d'agressions déposent une plainte. Cela signifie que quatre femmes sur cinq préfèrent garder le silence, souvent par peur ou défiance, conscientes que leur démarche ne garantit pas de résultats probants. Plusieurs associations témoignent de cas où des femmes sont retournées jusqu'à dix fois dans un commissariat sans aboutir, repartant souvent avec des mains courantes ou des dossiers en sommeil. Malgré la formation de 180 000 policiers, des refus persistent et trop de victimes se voient renvoyées chez elles sans soutien adéquat.
L’exemple espagnol, plus global
À ce titre, l'Espagne a su établir une approche plus complète. Le pays ne se limite pas à protéger les femmes contre leurs agresseurs ; il propose également un soutien total pour leur vie quotidienne. Les victimes y bénéficient d'un revenu minimum, d'aménagements au travail et d'une meilleure mobilité, garantissant ainsi que leur emploi soit préservé. Le message est clair : partez, et nous vous soutenons.
Résultat : depuis 2004, le nombre de féminicides a diminué de 30 % en Espagne, tandis qu'en France, cette triste statistique continue d'augmenter. La conclusion semble évidente : la solution existe, elle est bien connue. Reste à se demander : qu'attendons-nous pour agir ?







