Un surveillant pénitentiaire condamné pour des actes inacceptables au Cepos

Un ancien surveillant du Cepos a été condamné pour des actions inappropriées et illégales.
Un surveillant pénitentiaire condamné pour des actes inacceptables au Cepos
Une des entrées du centre pénitentaire d'Orléans/ Saran © Maxppp - Thomas Padilla

Âgé de 38 ans, un ancien surveillant du Cepos, le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, a été jugé ce mardi 5 mai devant le tribunal correctionnel d'Orléans. Bien qu'il ait été absent pour des raisons professionnelles, il a été condamné à 30 mois de prison avec un sursis de deux ans. Deux plaintes avaient été déposées contre lui.

Les incidents qui lui sont reprochés se sont produits entre 2017 et 2019. La première plainte a été déposée par une de ses collègues, qui a dénoncé des actes de harcèlement sexuel et d'exhibition. Il aurait à deux reprises exhibé ses parties génitales devant elle lors de leurs rotations sur les miradors à Saran. Cette victime, mère de famille, a témoigné : "Il me fixait, me souriait". Elle a également précisé qu'elle avait été en couple avec lui, mais qu'après leur rupture, il avait commencé à la harceler, tant par téléphone qu'au travail.

"La hiérarchie était au courant de son comportement mais il ne se passait rien"

Des témoignages au sein du Cepos révèlent que le trentenaire avait une réputation d'insistance envers les femmes. D'anciennes stagiaires ont raconté que cet homme avait l'habitude de faire des remarques inappropriées sur leurs physiques. "J'avais alerté des collègues, la hiérarchie était aussi au courant de son comportement, mais il ne se passait rien. Il se sentait donc en toute puissance", a déclaré une ancienne collègue. À la suite de la plainte, le surveillant a été muté vers la prison de Châteaudun.

"Une libido déviante et un besoin de voyeurisme"

Parallèlement, cet homme a été rattrapé par une autre affaire de proxénétisme, où il est accusé d'avoir forcé une mère de famille gabonaise sans papiers à se prostituer. Il fixait les rendez-vous via un site spécialisé. "C'était pour l'aider financièrement", a-t-il énoncé lors de son interrogatoire, se défendant en disant: "Je lui demandais juste des photos avec les clients". L’expert psychiatre qui l’a examiné a évoqué une libido déviante ainsi qu’un besoin de voyeurisme. Lors d'une perquisition, plus de 700 vidéos et photos compromettantes ont été retrouvées dans un dossier enregistré sous le nom de "Salopes".

Prison avec sursis et interdiction à vie d’exercer dans la fonction publique

La procureure a affirmé que les faits étaient avérés, tandis que l’avocate du prévenu, Maître Coraly Vincent, a plaidé pour la relaxe. Elle a soutenu qu’il n’y avait aucune preuve tangible en dehors de la parole de sa collègue et a insisté sur le fait qu'il y avait souvent des histoires entre agents au Cepos. Concernant les accusations de proxénétisme, elle a évoqué un problème de prescription et a affirmé que la femme concernée était consentante. "Sur le plan moral, on pense ce qu'on veut de cette situation. Mais c'était entre personnes consentantes", a-t-elle fait valoir.

Finalement, le tribunal n’a pas retenu ces arguments et a condamné l’ancien surveillant pour tous les faits reprochés. Il écope de 30 mois de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans, ce qui est inférieur à la peine de trois ans demandée par le Parquet. Il a également interdiction à vie d’exercer dans la fonction publique, ayant déjà été contraint de quitter l’administration pénitentiaire après sa mise en examen pour proxénétisme.

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