Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, est incarcérée en Iran depuis décembre. Ses partisans alertent sur une détérioration inquiétante de sa santé, affirmant qu'elle court un risque vital si elle n'accède pas rapidement à des soins médicaux appropriés.
La militante de 54 ans a été transférée début mai de la prison de Zanjan à un hôpital suite à "deux pertes de conscience totale et une crise cardiaque", selon un communiqué de sa fondation. "Nous n'avons jamais eu aussi peur pour sa vie, elle peut nous quitter à tout moment", a déclaré son avocate, Me Chirinne Ardakani, lors d'une conférence de presse à Paris.
Il faut agir avant que ce soit trop tard
Elle a ajouté : "On ne milite pas seulement pour sa liberté, mais aussi pour que son cœur continue de battre". Des précédents tragiques, comme celui de Liu Xiaobo, mort en détention en 2017, n'ont pas échappé à l'attention des médias et souligne l'urgence de la situation actuelle.
Jonathan Dagher, responsable au sein de Reporters sans frontières, a également exprimé son inquiétude, insistant sur la nécessité d'une action rapide pour éviter une catastrophe. Par ailleurs, les jumeaux de Narges, Ali et Kiana Rahmani, ont été privés de leur mère durant plus de dix ans, recevant le prix Nobel en son nom alors qu'elle était emprisonnée.
La militante "méconnaissable" après sa détention
Les enfants ont fait parvenir une déclaration lors de la conférence, dénonçant les soins "minimaux" reçus par leur mère et son état de santé alarmant. Ils ont également appelé le président Emmanuel Macron à adopter une position plus ferme face aux autorités iraniennes. "Nous attendons une réaction forte", a demandé Me Ardakani.
En prison, Narges a perdu 20 kilos et souffre de sévères difficultés à s’exprimer. Ses partisans réclament son transfert à Téhéran pour bénéficier des soins nécessaires de son équipe médicale.
Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, a déclaré que les autorités iraniennes mettent en danger la vie de Narges en lui refusant des soins médicaux de qualité, ce qui constitue une grave violation des droits humains.
Un parcours de résistance
Attirée par le militantisme dès son plus jeune âge, Narges Mohammadi a été arrêtée pour la première fois en 1998. En décembre dernier, elle a été condamnée à six ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le régime. Ses nombreux combats pour les droits humains, contre la peine de mort et pour les droits des femmes, lui ont valu le prix Nobel de la paix en 2023, une reconnaissance de son courage et de sa détermination face à l'oppression.







