Un jeune homme de 20 ans originaire du Paraguay a été condamné mercredi 13 mai par le tribunal correctionnel de Poitiers à une peine d'un an de prison avec sursis, ainsi qu'à une interdiction de séjour sur le territoire français pendant dix ans. Cette condamnation intervient dans le cadre d'une affaire de proxénétisme qui a suscité un vif intérêt médiatique.
Début mai, cet individu, qui ne maîtrisait pas la langue française, a été arrêté dans un appartement situé au centre-ville de Poitiers en compagnie de deux jeunes femmes paraguayennes, qui se livraient à la prostitution. Le trio agissait sous la tutelle d'un réseau bien organisé, géré depuis l'Espagne via un groupe Whatsapp, comme l'ont rapporté plusieurs médias, dont France Bleu.
Des appartements loués depuis l'Espagne
Selon les déclarations de l'accusé, il a quitté le Paraguay pour l'Espagne en novembre dernier dans l'espoir de trouver un emploi et de soutenir sa famille. Après avoir effectué divers emplois dans la construction, il a été approché par un compatriote qui lui a proposé de « surveiller et protéger des filles » impliquées dans des relations tarifées. Ce travail l'a conduit à plusieurs villes françaises, dont Nancy, Limoges, Bordeaux et Poitiers.
En trois mois, le jeune homme a prétendument accompagné ces femmes, allant d'un logement à un autre, le réseau s'occupant de la gestion des contacts avec les clients et la location des appartements via des plateformes telles qu'Airbnb, a révélé le quotidien La Nouvelle République.
À Poitiers, les forces de l'ordre ont enregistré 36 passes en seulement 48 heures dans l'appartement où il a été interpellé. Le prévenu a déclaré qu'il pouvait gagner entre 60 et 90 euros par jour grâce à ce « travail » et n'était pas au courant de son illégalité en France. Lors du procès, il a même fait un malaise dans le box, selon des témoins présents.
Des virements réalisés vers l'étranger
Les investigations menées par la police ont également conduit à la saisie de 2.364 euros en espèces, accompagnée de plusieurs virements bancaires effectués vers l'étranger, totalisant plus de 3.000 euros juste pour le mois d'avril. Ces éléments mettent en lumière l’ampleur du réseau de proxénétisme dont il faisait partie.
À la surprise générale, les deux jeunes femmes présentes à l'audience ont refusé de se porter partie civile contre lui, affichant une solidarité étonnante envers le prévenu, comme rapporté par L'Express. Ce cas soulève des interrogations non seulement sur le phénomène de la prostitution mais aussi sur la vulnérabilité des migrants dans de telles situations. Alors que le prévenu a échappé à la détention, il portera l'interdiction de revenir en France jusqu'en 2036.







