Jacques Boncompain, à la tête de l'Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), a été récemment condamné à une amende de 5 000 euros pour ses propos jugés révisionnistes lors d'une messe tenue le 15 novembre 2025 à Verdun. L’octogénaire avait suscité la colère générale en affirmant que Pétain avait "sauvé" des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, un discours rapporté par des médias tels que L'Est Républicain.
Absent lors du prononcé de la sentence, Boncompain a vu son discours qualifié de "minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah" par le tribunal. En plus de l'amende, le jugement stipule que la décision sera affichée publiquement au tribunal pendant deux mois pour sensibiliser l'opinion sur les dangers de la révision historique.
Fermeté et pédagogie
La LICRA et l'Observatoire Juif de France ont salué la décision comme étant "exemplaire", mettant en lumière la détermination de la justice française à lutter contre les négationnistes, même des décennies après les atrocités commises.
Me Pierre Brunisso, avocat à la Ligue des droits de l'Homme, a également réagi, soulignant que cette condamnation était un signal clair : "L’histoire ne peut pas être falsifiée afin de rendre les idées de l’extrême droite acceptables".
Bien que Boncompain ait été partiellement relaxé pour d’autres propos où il appelait Pétain "le premier résistant de France", le tribunal a estimé qu’il ne pouvait pas établir de lien précis entre ces déclarations et une infraction pénale.
L’ancien maire de Verdun, qui avait porté plainte, voit dans cette affaire une nécessité d’élever le débat sur la mémoire collective et la résistance à l'antisémitisme. Le président de l’association de défense de la mémoire de Pétain se défend, affirmant que ses déclarations ont été déformées et proviennent d’un contexte mis en scène par ses détracteurs.
Philippe Pétain, célébré pour sa victoire à Verdun en 1916, a dirigé le régime de Vichy, en collaboration avec l'Allemagne nazie, et a été condamné après-guerre pour indigne nationale. Il a fini ses jours sur l'île d'Yeu en 1951, mais son héritage controversé continue d'alimenter les débats en France.







