Affaire Lyannah : au cœur du débat sur les moyens de la justice

L'avocat des parents interpelle le président sur les moyens alloués à la justice.
Affaire Lyannah : au cœur du débat sur les moyens de la justice
François Roujou de Boubée, l’avocat des parents de Lyhanna, ne partage pas le diagnostic du gouvernement. © (Photo AFP)

Mardi 9 juin 2026, l'avocat des parents de Lyhanna a répondu à Emmanuel Macron, qui avait affirmé ne pas vouloir entendre un « argument de moyens dans cette affaire ».

« Par ma voix, cette famille endeuillée souhaite évoquer les véritables responsabilités, celles des moyens alloués à la justice et leur efficacité. Car oui, Monsieur le président, c'est véritablement le cœur du problème », a déclaré François Roujou de Boubée, l'avocat des parents de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte la semaine dernière, six jours après sa disparition. En réaction aux premiers éléments de cette affaire, Emmanuel Macron avait en effet signalé un « dysfonctionnement » « inacceptable », précisant ne pas vouloir « entendre aucun argument de moyens » concernant la justice.

Discuter de 70.000 plaintes, comme une promesse en l'air

Devant la presse, l'avocat a poursuivi son argumentation en soulignant les difficultés causées par le manque de ressources. « J'ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter. J'ai vu les mêmes se battre pour des ramettes de papier ; nous en sommes là », a-t-il alerté. Me Roujou de Boubée a évoqué « des décisions de justice non appliquées, faute de personnel, des experts refusant d'intervenir à cause de la surcharge de travail, des rapports d'expertise prenant six mois », et a rappelé que « certaines instructions judiciaires pour viol peuvent s'étendre sur des années en raison d'un manque de juges et d'audiences ». Il a également insisté sur la nécessité « d'un peu de respect » envers ces magistrats « désespérés, ne pouvant exercer leur fonction correctement ».

L'avocat des parents de Lyhanna a par ailleurs qualifié de « poudre de perlimpinpin », une expression utilisée par le président, l'annonce faite par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, d'une revue d'urgence de 70.000 plaintes touchant des enfants. « Analyser 70.000 plaintes d'ici le 14 juillet, c'est illusoire et j'espère que personne n'est dupe. C'est impossible sans compromettre la qualité de travail », a-t-il affirmé.

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