l'essentiel
En l'espace de quarante-huit heures, deux interventions remarquables, dont l'une tragique, sur le gave de Pau, démontrent les risques liés aux baignades dans des milieux naturels. Avec l'arrivée de la chaleur, de plus en plus de personnes se dirigent vers les rivières et torrents des Hautes-Pyrénées. Les pompiers alertent sur le danger : courants cachés, eaux glacées et profondeurs imprévisibles entraînent déjà une hausse préoccupante des cas de noyade avant même que la saison estivale ne commence. Voici tout ce qu'il faut savoir concernant cette situation alarmante.
Il y a quelques jours, un homme de 52 ans a tragiquement trouvé la mort en se noyant dans le gave de Pau à Lourdes. Pendant ce temps, un jeune de 19 ans a été secouru à Saint-Pé-de-Bigorre après un malaise. Ces incidents mettent en lumière les dangers des baignades en zones non surveillées, mais aussi ceux des piscines privées, notamment durant les périodes de forte chaleur.

Les pompiers des Hautes-Pyrénées rapportent déjà six interventions en 2026 sur des lieux de baignade (piscines, lacs, rivières), surpassant la moitié des interventions de ce type de l'année précédente, tandis que la saison estivale n'est pas encore officiellement entamée. La combinaison de la chaleur, de la fonte des neiges et du lâcher d’eau des barrages aggrave les risques de noyade.
Dans les zones montagneuses, EDF Hydro Sud-Ouest met également en garde contre les dangers aux abords des installations hydroélectriques. « Pour répondre aux pics de consommation électrique, des volumes d'eau impressionnants sont relâchés par les barrages, équivalents à des piscines olympiques. Ces lâchers d’eau peuvent survenir sans préavis », prévient EDF.
Pêcheurs, baigneurs, randonneurs... Tout le monde doit faire attention près de ces installations, car le niveau et la vitesse de l’eau peuvent changer rapidement. Il est conseillé de rester vigilant et de suivre les panneaux d'avertissement, même à distance d'un barrage. Rester sur les berges et éviter les zones inaccessibles est recommandé pour une fuite rapide en cas de danger.
Jean-Éric Angé, chef du pôle mission au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) des Hautes-Pyrénées, souligne : « C’est pendant cette période que le niveau de l'eau est le plus élevé, ce qui accentue la force du courant. »
Une erreur d’évaluation qui aurait pu tourner au drame
Jean-Éric Angé évoque également un incident l’été dernier où un père de famille s’est retrouvé piégé avec ses enfants dans le canyon d’Héas à Gavarnie-Gèdre, en cherchant à se rafraîchir. Ce cas souligne l'importance d'évaluer les risques avec soin.

Pour prévenir des noyades, Jean-Éric Angé offre plusieurs conseils aux baigneurs : « Il est difficile d'évaluer la force du courant, surtout en période de fortes eaux. Les rivières semblent parfois calmes, mais peuvent présenter un véritable danger. »
Une imprudence qui met en danger les secouristes
La température de l'eau varie également, augmentant le risque d'hypothermie. Les sauveteurs appellent donc à privilégier les baignades dans des lieux surveillés.

Bien que le Sdis 65 dispose d'une équipe spécialisée en sauvetage en eaux vives, le risque encouru par les sauveteurs est élevé à cause de l'imprudence de certains baigneurs. Il est impératif d'éviter de tenter un sauvetage soi-même et de contacter immédiatement les secours au 112.







