En 1997, Ghislaine de Védrines, responsable d'une école de secrétariat à Paris, croise le chemin de Thierry Tilly, un employé de l'école. Bien vite, sa vie bascule; chaque décision dépend désormais de son avis. Stéphane Hiscock, journaliste à ICI Gironde, explore cette affaire médiatique à travers une série en deux épisodes.
« Je suis consciente depuis le début de ce qui se passe, mais je ne peux pas fuir. » (Christine de Védrines)
Actuellement en Angleterre, dans une maison louée par Tilly à Oxford, la famille Védrines vit une réalité cloisonnée. Les membres de cette famille se voient contraints de travailler et de remettre 90 % de leurs salaires à celui qui les opprime. Dans le second et dernier épisode de la série Les reclus de Monflanquin, diffusé sur ICI Crimes et témoignages, Stéphane Hiscock décrit leurs horreurs.
Christine de Védrines, interviewée pour cet épisode, évoque ses journées de travail accompagnée par son mari, Charles-Henri. Elle est employée par un traiteur, Robert Pouget, qui détecte rapidement que son histoire ne tient pas la route : « Il me demande si je connais Thierry Tilly et en m’affirmant que c’est un escroc, il éveille en moi des doutes. » Christine encourage ensuite Pouget à s'informer à travers des articles en ligne sur leur situation.
« Je veux sauver ma famille, mes enfants, mon mari… Je porte plainte. » (Christine de Védrines)
La prise de conscience de Christine est catalysée par l'employeur compatissant. Après un échange avec sa meilleure amie en France, elle appelle son avocat, Maître Picotin : « Je veux porter plainte, je veux que ça s'arrête ! » Déterminée à se libérer, elle élabore un plan.
Le jour de son évasion, elle s’assure de toujours avoir sa carte d'identité. Déposée au travail par son mari, elle se rend à la gare de Saint-Pancras, où sa famille l’attend pour quitter une vie de souffrances.
Le 15 avril 2009, elle se rend à Bordeaux pour recourir à Maître Picotin, spécialiste de l’emprise sectaire. Elle raconte son histoire au juge, entraînant l’émission d'un mandat d'arrêt international contre Thierry Tilly, qui sera arrêté en Suisse.
« Une intervention délicate pour reconnecter les victimes à la réalité. » (Maître Picotin)
Alors que Christine s'échappe, d'autres membres de la famille Védrines restent encore sous l'emprise de Tilly. L'avocat témoigne des manipulations habiles de Tilly, qui prévoyait les réactions possibles de sa victime en les rassurant sur une possible rédemption.
Maître Picotin souligne que libérer de force les victimes peut s’avérer dangereux. Leur approche repose sur un dialogue bienveillant et des techniques telles que l’« exit counseling », éprouvées aux États-Unis.
Après des opérations de libération en novembre et décembre 2009, la famille peut enfin se retrouver, esquissant des signes d'amour familial, malgré une décennie d'angoisse.
Le procès contre Thierry Tilly constitue un dernier pas vers la rédemption pour ses victimes, alors qu'elles se préparent à l'affrontement ultime avec celui qui les a tourmentées.
Les dates du procès- 24 septembre 2012 : début du procès à Bordeaux.
- 13 novembre 2012 : Tilly est condamné à 8 ans de prison.
- 4 juin 2013 : jugement en appel, Tilly écope de 10 ans et doit payer 5,3 millions d'euros.
- Août 2018 : après 9 ans d'incarcération, il sort de prison.
Pour en savoir plus sur cette affaire et d'autres histoires poignantes, écoutez le premier épisode de la série sur la plateforme ICI.







