Les membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) se déplacent à Nancy pour dialoguer avec les magistrats du ressort de la cour d'appel. Cette mission de trois jours se déroule dans un contexte tendu, marqué par l'affaire Lyhanna et la mise en pause du projet de nouvelle cité judiciaire, suscitant un profond désarroi au sein de la profession.
Durant ces rencontres, qui incluent la cour d'appel et plusieurs tribunaux de la région, les magistrats font part de leurs préoccupations. Rémi Coutin, membre du CSM, évoque un sentiment d'incompréhension et de tristesse parmi ses collègues. "Les magistrats ressentent que des événements comme ceux d'Auch peuvent se reproduire n'importe où, même dans notre propre communauté", souligne-t-il.
L'affaire tragique de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, a incité les ministères concernés à ordonner trois inspections. Face à cette situation délicate, Didier Paris, également membre du CSM, prône la prudence : "Il est essentiel d'analyser la situation avant de tirer des conclusions hâtives sur les responsabilités", rappelle-t-il.
Un autre point préoccupant est le projet de nouvelle cité judiciaire, promis par Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, en 2019, qui reste à l'arrêt. Rémi Coutin se désole de cette stagnation : "Les conditions de travail des magistrats sont devenues inadaptées à la justice moderne. Nous avons besoin de locaux qui reflètent les exigences du XXIe siècle", dit-il.
Le CSM souhaite également alerter le ministère sur l'état des infrastructures judiciaires. Les magistrats nancéiens constatent que de nombreux tribunaux présentent des conditions insatisfaisantes. Rémi Coutin confirme : "Nancy fait partie des juridictions nécessitant une intervention urgente pour améliorer l'état de ses bâtiments." Cette visite, tout en répondant à des enjeux immédiats, souligne des préoccupations structurelles qui méritent d'être traitées avec sérieux.







