La CFE-CGC a élu mercredi Christelle Thieffinne en tant que nouvelle présidente lors de son 39e congrès, succédant à un François Hommeril qui a laissé derrière lui un discours percutant critiquant l'exécutif.
Unique candidate à ce poste, Thieffinne, ingénieure de 54 ans dérivant de la Fédération de la métallurgie, a pratiqué la majeure partie de sa carrière chez Thales AVS à Vendôme (Loir-et-Cher). Elle a reçu le soutien de 610 délégués présents au congrès, bien que 91 d'entre eux aient choisi de s'abstenir.
Dans son discours inaugural, Thieffinne a exprimé son ambition de faire de la CFE-CGC "la troisième organisation syndicale de ce pays". Ce syndicat, qui s'est renforcé grâce à une augmentation du nombre de cadres dans la population active, vise à se positionner au-dessus de Force Ouvrière, actuellement en quatrième position parmi les syndicats français.
Entre 2018 et 2024, le nombre d'adhérents a crû de 150.850 à 168.098, indiquant un regain d'intérêt pour l'organisation, qui a connu une féminisation marquée de ses membres, avec la proportion de femmes parmi les stagiaires formées augmentant de 22 % à 33 % selon la trésorière, Farida Karad.
Thieffinne a également souligné son souhait de peser sur les programmes des candidats à la présidentielle de 2027 afin d'éviter les dérives actuelles. Depuis 2023, elle occupait la fonction de secrétaire nationale à la protection sociale au sein de la confédération de l'encadrement. En 2025, elle a pris part à un conclave sur les retraites et est membre du Conseil d'orientation des retraites.
Elle sera épaulée par William Viry-Allemoz, ex-secrétaire général de la CFE-CGC Énergie, et Farida Karad, qui demeure trésorière. Ces nominations renforcent la représentation féminine au sein des syndicats, trois sur cinq maintenant dirigés par des femmes, après les ascensions de Sophie Binet à la CGT et Marylise Léon à la CFDT en 2023.
Face aux médias, Thieffinne a promis de maintenir la cohésion syndicale, tout en respectant les spécificités de chaque organisation. "La CFE-CGC sera actrice de l'unité syndicale, aucun doute là-dessus, a-t-elle déclaré, entourée par d'autres leaders syndicaux présents à Strasbourg pour le congrès.
François Hommeril, sortant après une décennie à la tête du syndicat, n'a pas hésité à critiquer vigoureusement les décisions de l'exécutif. "La politique se doit d'encadrer les marchés, pas de leur céder", a-t-il lancé, ajoutant que "le macronisme est le summum du renoncement" au système traditionnel et à l'encadrement des intérêts économiques. Les applaudissements nourris qui ont suivi son intervention témoignent de l'adhésion des congressistes à ses propos.







