La décision du parquet de Metz d'explorer la thèse homophobe dans le meurtre tragique de Noahm, survenu le 30 mai, a suscité la controverse. Les avocats des deux suspects, interpellés dans cette affaire, affirment que l’opinion publique et des démarches politiques ont pu jouer un rôle déterminant dans ce changement de cap.
Au départ, le procureur de la République, David Touvet, avait indiqué que les éléments préliminaires de l'enquête ne soutenaient pas l'idée que Noahm avait été agressé en raison de son orientation sexuelle. Toutefois, face à la pression sociale et politique croissante, l'enquête a été étendue pour inclure un éventuel motif homophobe, qualifié de circonstance aggravante.
Dans un communiqué, l'avocat Me Anthony Besnier, représentant l'un des suspects de 27 ans, a exprimé son inquiétude : "Le parquet a brutalement changé d'avis après la minute de silence observée à l'Assemblée nationale et les déclarations publiques”, arguant que cela nuit à l’indépendance de la justice.
"La pression politique sur la justice ne doit pas être acceptable dans un État de droit", a-t-il ajouté.
Me Nadège Nehlig, représentant l’autre suspect de 20 ans, a également mis en avant l'accélération inédite de la procédure, soulevant des préoccupations pour les droits de la défense. Selon elle, l’excès de médiatisation pourrait influencer le rythme des actions judiciaires. Elle a prévenu : "À trop vouloir apaiser l'opinion, on instrumentalise le droit et on affaiblit le rôle du juge."
Réactions des parties concernées
D’un autre côté, Me Sophie Friha, avocate de la famille de Noahm, a salué l’ouverture de l’enquête à des éléments homophobes, estimant que cela représente une avancée importante. D'après elle, des "indices graves et concordants" justifiaient cette démarche, affirmant que le parquet ne s'est pas laissé influencer par des pressions politiques.
La famille de Noahm espère que cette tragédie pourra sensibiliser davantage la société sur la problématique de la violence homophobe, tout en se méfiant des récupérations politiques.
Alors que la mémoire de Noahm sera honorée lors de la Marche des fiertés qui se tiendra samedi à Metz, les témoignages et hommages doivent également inciter à réfléchir sur les violences subies par les membres de la communauté LGBT+ en France, où les incidents de ce type continuent d'alarmer les défenseurs des droits humains.







