Jamila El Biyed, qui a récemment échappé à une tentative d'assassinat, se retrouve désormais sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Laurent Bruneau, son avocat, prévoit de solliciter le préfet du Gers pour une demande d'admission exceptionnelle au titre de séjour.
La vie de Jamila ressemble à un mauvais script de film noir. Orpheline, elle a grandi au Maroc avant de rejoindre la France, puis l'Italie, où elle a subi des violences conjugales. Après avoir fui avec sa fille, Sanaa, et s'être réinstallée dans le Lot-et-Garonne, elle a été victime d'une agression tragique en janvier 2023. Son ex-mari l'a poignardée à plusieurs reprises lors d'une soirée entre amis, la laissant avec des blessures graves, notamment des côtes cassées et des lésions hépatiques. Les enquêteurs, comme l'a rapporté France Bleu, soulignent la violence des actes.
Des répercussions alarmantes
L'agresseur a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, mais la lutte de Jamila ne s'arrête pas là. Elle a dû s'éloigner de son ancien environnement pour éviter les intimidations. "Je suis partie dans le Gers pour échapper aux proches de mon ex, mais je me retrouve maintenant dans une situation précaire", explique-t-elle. Sa résilience est mise à l'épreuve par les séquelles physiques et psychologiques de l'agression. Comme le souligne sa fille, les crises de colère et de peur de sa mère sont devenues fréquentes.
Un administratif compliqué
L'OQTF, émise il y a un an, a plongé Jamila dans une situation d'incertitude. Elle peine à gérer ses papiers, notamment à cause de difficultés de santé consécutives à son agression. "Ces derniers mois, j’ai été opérée et alitée, je n’ai pas pu m’occuper de mes documents", regrette-t-elle. Le soutien de son employeur et de ses collègues, qui la qualifient de "battante", est essentiel pour l'aider à surmonter ces obstacles.
Des personnes de la région se mobilisent également pour l'aider face à cette situation difficile. "C'est injuste qu'une personne qui travaille dur pour rétablir sa vie soit confrontée à une telle épreuve", déclare son patron. Avec le soutien d'experts en droit des étrangers et de groupes associatifs, les efforts continuent pour l'assister.
Un avenir incertain
Alors que le nouveau procès de son ex-conjoint approche, Jamila demeure anxieuse. La barrière de la langue complique encore davantage ses démarches administratives. "J'ai reçu des courriers à une ancienne adresse, je suis complètement perdue", avoue-t-elle. Son avocat, Laurent Bruneau, interroge la préfecture sur l'examen de son dossier : "Ont-ils réellement pris en compte la situation de Jamila?" Le cri de désespoir de cette femme montre l'importance de comprendre et de répondre aux besoins des victimes de violences domestiques qui tentent de se reconstruire.







