Depuis le lundi 5 janvier, la cour d’assises de Paris se penche sur le procès de six individus accusés de séquestration et de tentative d’extorsion à l’encontre d’Emmanuel Hening, un financier de 52 ans. Les faits remontent au 17 décembre 2018, lorsque plusieurs hommes masqués ont kidnappé Hening dans le Calvados.
Ce financier, déjà assistant à une réputation entachée par une condamnation au Royaume-Uni en 2006 pour une escroquerie à la TVA s'élevant à 54 millions de livres, a été retenu en otage et libéré le même soir, mais pas sans avoir subi de violences. Ses ravisseurs, selon les enquêteurs, exigeaient qu'il paie une « dette » d'un million d'euros.
Un groupe ancré dans la criminalité organisée
Les enquêteurs ont décrit les suspects comme étant profondément ancrés dans la criminalité organisée. Parmi eux figure un nom notoire du milieu avignonnais, Mohamed Chouiyekh, qui était absent au tribunal pour échapper aux poursuites. Selon les autorités, Chouiyekh est un acteur clé dans un réseau de trafic de stupéfiants à Avignon, particulièrement dans le quartier de Monclar, célèbre pour ses activités illégales.
Deux autres avignonnais sont également impliqués dans cette affaire et sont soupçonnés d'avoir participé à l'opération de récupération d'Hening. Tragiquement, l'un d'eux a été abattu peu après les événements, ce qui, selon les enquêteurs, relève de la coïncidence. Les accusés continuent de clamer leur innocence, mais plusieurs preuves, telles que des écoutes téléphoniques et des images de vidéosurveillance, semblent contredire leur déclaration.
Le jury, uniquement composé de magistrats professionnels, est le reflet d'une récente réforme pour les procès concernant la criminalité organisée, qui vise à renforcer le processus judiciaire. Le délibéré est attendu pour le 15 janvier.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur les liens entre la criminalité organisée et le monde financier, interrogeant ainsi la nature même des affaires d'extorsion et de menace au sein d'une société où la loi devrait prévaloir. Les experts s’accordent à dire que ce procès pourrait établir un précédent, pour enfin démanteler les réseaux criminels qui prolifèrent sur le territoire français.







