Meurtres, disparitions, viols non résolus... Depuis 2022, le pôle ‘cold cases’ à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, se penche sur plus d’une centaine d’affaires tragiques, plongées dans l’oubli. Pourtant, les récentes avancées scientifiques, en particulier en matière d’ADN, vont offrir de nouvelles perspectives aux familles en quête de vérité.
Des affaires marquantes comme celle de Tatiana Andujar, disparue en 1995 près de Perpignan, ou le drame de Chevaline en 2012, où quatre membres d’une même famille furent abattus, demeurent des énigmes poignantes. L’équipe de Nanterre, composée de magistrats et d’experts, s’investit entièrement dans ces dossiers, offrant l'espoir de retrouver des réponses à des familles suspendues à l'incertitude.
Grâce à la science, des techniques innovantes, comme l’extraction de profils génétiques à partir de micro-gouttes d’ADN, ont permis de résoudre des affaires jusqu'alors irrésolues. Exemple emblématique : la disparition de Maëlys, une petite fille de 8 ans, dont le meurtrier, Nordahl Lelandais, a été identifié en 2017 grâce à une analyse ADN précise.
Identifier un suspect grâce à la généalogie génétique
Mais une nouvelle technique pourrait bien transformer le paysage des enquêtes : la généalogie génétique. Bien qu'interdite en France, elle est largement utilisée aux États-Unis. Récemment, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a émis l’idée de permettre aux enquêteurs français d’accéder à ces bases de données. Une trentaine de dossiers non résolus pourrait ainsi bénéficier de cette avancée.
Cette méthode consiste à comparer des échantillons génétiques inconnus avec des bases de données américaines qui regroupent des millions de profils génétiques de particuliers curieux de connaître leurs origines. Un exemple marquant est celui d’un retraité interpellé en 2022, après plus de 20 ans d’enquête sur une série de viols. La comparaison avec des ADN enregistrés a finalement conduit à l'identification du coupable, un homme déjà décédé, ayant mis fin à ses jours en prison.
Une fiabilité de 95 % pour les portraits-robots
Une autre avancée prometteuse est la création de portraits-robots basés sur l'ADN. Cette technique permet, à partir d'échantillons biologiques, de prédire les caractéristiques physiques d’un suspect. Des travaux récents indiquent que la détermination de la couleur des yeux peut atteindre une fiabilité de 95 %.
En parallèle, la parenté ADN, qui est déjà utilisée en France, permet de comparer des traces biologiques avec des profils génétiques de membres de la famille, facilitant ainsi l’identification de suspects. C’est ainsi que, dans l’affaire tragique d’Élodie Kulik, tuée en 2002, les enquêteurs ont pu établir un lien génétique avec un père dont l’ADN avait été fiché.
En France, il existerait encore environ 50 000 traces ADN non résolues, un mystère que les forces de l’ordre s’efforcent de résoudre avec les technologies les plus avancées disponibles. Des experts, tels que le criminologue Alain Bauer, soulignent l'importance de ces innovations dans le combat contre la criminalité, notant que « chaque progrès technologique est une porte ouverte vers la justice pour ceux qui ont souffert ».
Les nouvelles techniques ADN et de généalogie génétique offrent donc un nouvel espoir pour les familles en quête de réponses, redonnant vie à des affaires qui semblaient perdues à jamais.







