L'histoire d'affrontement entre l'Iran et les États-Unis, qui s'est intensifiée depuis 1979, connaît un nouvel épisode avec l'offensive américaine de 2026. Ce conflit, structuré autour de stratégies de déséquilibre mutuel, montre comment chaque mouvement prépare le terrain pour le suivant. Alors que Washington vise à affaiblir le régime iranien, Téhéran, de son côté, met en danger l'économie mondiale. Ces actions s'inscrivent dans une dynamique complexe et de long terme.
« Je ne vais pas commencer une guerre. Je vais mettre fin à des guerres. » Lors de sa campagne pour la présidence de 2024, Donald Trump a fermement promis de ne pas plonger les États-Unis dans un nouveau conflit. Pourtant, son attaque contre l'Iran le 28 février pourrait être perçue comme une trahison de cette promesse. Bien qu'il ne soit pas le premier président à passer d'une rhétorique pacifiste à une réalité belliciste, l'impact de ses décisions sur son électorat, déjà affecté par l'inflation croissante, pourrait lui être préjudiciable. Trump pourrait cependant rassurer ses partisans en affirmant que son offensive est une continuité d'une guerre débutée en 1979. Ce cycle de tensions, alternant entre périodes calmes et escalades, amène à s'interroger : sommes-nous à l'aube de la fin ou seulement au seuil d'une nouvelle phase?
Résistance à l'impérialisme occidental
La Révolution iranienne de 1979 a marqué la fin d'une alliance stratégique entre les États-Unis et le régime du Shah, une perte qui a engendré chez les révolutionnaires iraniens un ressentiment profond contre la présence occidentale. Le mythe de la « main étrangère » manipulant l'Iran depuis des décennies a émergé, symbolisant leur lutte pour l'« indépendance ». L'ayatollah Khomeini a ainsi légitimé une résistance contre l'impérialisme, qu'il considérait comme une menace permanente. Cette doctrine est devenue centrale dans la politique étrangère iranienne, consolidant un sentiment nationaliste anti-américain. Les États-Unis voient alors l'Iran comme un agent de déstabilisation dans une région névralgique pour leurs intérêts économiques.
Les épisodes de cette confrontation sont bien connus : la crise des otages, les sanctions, le soutien à Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak, ainsi que d'autres attentats orchestrés par des groupes iraniens. En 2015, lors d'une rencontre informelle, Henry Kissinger a découvert les ambitions stratégiques d'Ali Larijani, qui prônait l'épuisement des États-Unis pour qu’ils abandonnent le Moyen-Orient.
Effet d'usure
Pour parvenir à leurs fins, les autorités iraniennes se sont reposées sur une stratégie d’usure. Elles espèrent que les pressions multiples finiront par convaincre les États-Unis qu'il est préférable de se retirer. Dans cette quête, l'Iran a adopté des tactiques de guerre asymétrique, tandis que les États-Unis optent quant à eux pour des actions militaires plus traditionnelles et le développement d'une réponse asymétrique, souvent en collaboration avec Israël.
Imaginaires antagonistes
Nous assistons aujourd'hui à une confrontation non seulement militaire, mais aussi symbolique, entre deux visions du monde opposées. Le régime iranien mobilise un culte du martyr profondément ancré dans l'histoire chiite pour galvaniser ses troupes et ses soutiens, tandis que de l'autre côté, la théorie du fou déployée par Trump vise à créer un climat d'incertitude chez l'adversaire. Cela n'est pas sans rappeler les approches utilisées précédemment lors de la guerre froide, et les résultats restent à voir. Cette dynamique de pouvoir se traduit par un conflit en deux volets : d'une part, la volonté de déstabiliser l'Iran, de l'autre, la détermination de Téhéran à influencer l'économie mondiale. Par conséquent, mettre fin à cette seconde guerre nécessitera un renouvellement profond de la première.







