Un homme de 43 ans a été mis en examen pour la séquestration de son fils, a annoncé le procureur de la République de Mulhouse, vendredi 10 avril 2026.
Le père est accusé d'avoir enfermé son fils de neuf ans pendant un an dans une camionnette, où l'enfant a été retrouvé dans un état déplorable, nu et dénutri. La compagne du père a également été mise en examen pour non-assistance à mineur en danger et non dénonciation de mauvais traitements, a déclaré le magistrat Nicolas Heitz.
Le lundi précédent, les gendarmes ont découvert l'enfant à Hagenbach, alertés par une habitante ayant entendu des « bruits d’enfant » provenant d’une camionnette garée dans une cour commune. À l'intérieur, l'enfant, selon les déclarations du procureur, était « en position fœtale, nu, recouvert d’une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d’excréments ». Sous l’effet de cette longue séquestration, il était « pâle et manifestement dénutri », ce qui l’empêchait de marcher, a poursuivi le magistrat. Il a été immédiatement hospitalisé à Mulhouse.
Un récit troublant
Le père, vivant avec sa compagne de 37 ans et leurs deux autres enfants (de 12 et 10 ans), a admis avoir séquestré son fils. Il a justifié son acte en affirmant que sa compagne souhaitait le faire interner en psychiatrie. Il prétendait avoir « mis l'enfant dans cette camionnette à partir de novembre 2024 pour le protéger », a précisé le procureur.
Selon lui, il avait permis à l'enfant de sortir avec lui jusqu'en mai 2025 et l'avait laissé accéder à leur appartement durant l'été 2025, lorsque le reste de la famille était en vacances. Il allègue que sa compagne était au courant qu'il y avait un problème, sans toutefois savoir que son fils était enfermé dans le véhicule. La compagne a, de son côté, nié l’ensemble des accusations portées contre elle.
Cette affaire soulève des interrogations profondes sur la protection des enfants et la responsabilité des adultes, suscitant l'indignation parmi les habitants de la région. Des experts en psychologie infantile, comme le Dr. Lemaire de l'Université de Strasbourg, soulignent que de telles situations ne doivent pas être prises à la légère et nécessitent une intervention rapide des services sociaux.
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