Des milliers de croyants se sont rassemblés mercredi aux abords du mont Mitake, à Tokyo, pour célébrer un rituel vieux de plus de 500 ans, où prêtres shintoïstes et pèlerins forment un cortège vers un sanctuaire perché au sommet.
Chaque année au printemps, le "Hinode Sai", qui signifie "Festival du lever du soleil", attire les masses. Selon les traditions, ce festival a vu le jour lorsque des pèlerins solitaires escaladaient la montagne en quête de lumière spirituelle.
Durant cette célébration de deux jours, une procession transporte avec soin la divinité du sanctuaire, recouverte de tissu de soie blanche, jusqu'à son "lieu de repos" en bas, avant de remonter dans une ambiance festive, apportant bénédictions et protection pour l'année à venir, selon les responsables du sanctuaire.
Symbole du renouveau printanier, ce rituel a su traverser le temps sans en changer sa forme depuis cinq siècles. Mardi soir, une procession silencieuse a débuté, serpentant à travers un village de montagne sous le regard attentif de fidèles et de commerces endormis, tout en dispersant des bénédictions sur son passage.
Éclairé par la lueur chaleureuse des lanternes, le cortège a accompagné la divinité jusqu’au pied du village, lieu de repos pour la nuit, car c’est ici qu’elle aurait initialement fait son apparition, descendue du ciel.
Au lever du jour, vêtus de tenues traditionnelles, les prêtres shintoïstes, secondés par des figurants samouraïs et des enfants parés de costumes colorés, ont entrepris la dernière marche d’un kilomètre vers le sanctuaire. Leur ascension a culminé avec le son puissant des conques résonnant dans la forêt, marquant les derniers pas sur les 330 marches de pierre menant à la hauteur sacrée.
Cette tradition, maintenue vivante par les générations successives, continue d'inspirer les participants. Comme l’a souligné un expert en spiritualité japonaise, "ces rituels ne sont pas seulement une répétition historique, mais un dialogue vivant avec notre passé et notre identité collective." Les témoignages des pèlerins montrent à quel point ce festival reste une ancre essentielle pour de nombreux Japonais, reliant la modernité à de profondes racines culturelles.







