Depuis le 1er mai, la Belgique a décidé d'autoriser la pulvérisation d'un pesticide génétique sur les cultures de pommes de terre. Cette décision, prise via une procédure d'exception, fait déjà des vagues tant au sein du pays que dans toute l'Europe, comme le soulignent nos confrères belges de Le Soir.
Le pesticide en question, appelé Calantha, représente une innovation en matière de traitement agricole. Ce produit utilise une technologie de manipulation génétique pour désactiver des gènes essentiels à la survie de certains insectes, tel que le doryphore, qui cause des ravages dans les cultures de pommes de terre.
Une autorisation sous le feu des critiques
Il s'agit d'une première pour ce type de pesticide à ARN interférent en Europe. Selon Le Soir, l'autorisation a été demandée par l'entreprise américaine GreenLight Biosciences, dont le dossier est toujours en attente d'évaluation par l'EFSA, l'Autorité de sécurité alimentaire européenne.
Pour justifier cette autorisation, la Belgique se base sur une législation qui permet l'usage de produits non homologués en cas de menace immédiate, même si les effets de Calantha restent largement inconnus.
Des inquiétudes face à un mécanisme d’urgence
Cette décision suscite l'indignation des organisations environnementales comme Nature & Progrès et Pollinis. Elles dénoncent l'utilisation abusive de la procédure d'autorisation d'urgence, qui, selon elles, devrait s'appliquer uniquement à des situations imprévues. Pour Virginie Pissoort, chargée de plaidoyer, la menace posée par le doryphore est bien connue en Belgique, où il est présent depuis 75 ans. De plus, un éventail d'alternatives est déjà disponible sur le marché.
Des experts s'alarment également des conséquences potentielles de ce pesticide sur la biodiversité. Valériane Bruno Schiffers, ingénieur agronome, précise que le fonctionnement des pesticides à ARN repose sur la reconnaissance de séquences génétiques. Cela signifie qu'un pesticide spécifique aux doryphores pourrait avoir des effets inattendus sur des espèces non ciblées en raison de similitudes génétiques.
En réponse à cette autorisation controversée, les deux associations ont déposé un recours auprès du Conseil d'État, exprimant leur volonté de protéger la sécurité environnementale et d'éviter que cette situation ne s'étende à d'autres parties de l'Europe.







