Le Kremlin a récemment inscrit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sur sa liste noire. Le ministère russe de la Justice a confirmé cette décision le 12 mai, suite à une désignation officielle d’«indésirable» prononcée par le bureau du procureur général le 28 avril. Ce statut implique que toute interaction avec cette ONG, qui œuvre pour la liberté de la presse, est passible de sanctions sévères, pouvant aller jusqu'à six ans d'emprisonnement.
Créé en 1981 à New York, le CPJ se consacre à la défense des journalistes et à la promotion de la liberté de la presse à l’échelle mondiale. L'organisation documente minutieusement les attaques, les arrestations et les assassinats de journalistes, tout en exerçant des pressions sur les gouvernements pour qu’ils protègent les médias. Selon leurs rapports, le CPJ a mis en lumière des violations alarmantes concernant la liberté de la presse dans différents pays.
D'après Reporter Sans Frontières (RSF), le terme d’« organisations indésirables » désigne principalement des groupes étrangers jugés menaçants pour la Russie. Une loi instaurée en 2015 définit ces organisation, et toute interaction avec elles peut entraîner des poursuites judiciaires. RSF souligne que même la simple mention ou la républication d’informations issues de l'une de ces organisations peut suffire à entraîner des poursuites.
Jodie Ginsberg, directrice du CPJ, a déclaré : « La mise sur liste noire du CPJ par le Kremlin est une preuve supplémentaire de sa volonté d'étouffer le journalisme et d'interdire l'accès à l'information indépendante pour les citoyens russes. » Elle a également ajouté que l'organisation continuera de documenter les violations de la liberté de la presse exercées par la Russie et soutiendra les journalistes confrontés à la propagande du Kremlin. Le CPJ a tenté de contacter le ministère russe de la Justice pour donner un éclaircissement, sans succès pour l'instant.







