Le Conseil de sécurité des Nations Unies se réunira en urgence lundi après l'assaut mené par Israël dimanche sur la forteresse médiévale de Beaufort, située dans le sud du Liban. Ce coup stratégique est présenté par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, comme un "tournant décisif" dans la confrontation avec le Hezbollah, un groupe militant soutenu par l'Iran.
En revanche, le président français Emmanuel Macron a exprimé son désaccord sur le réseau social X, indiquant que "rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud Liban". Jean-Noël Barrot, le ministre français des Affaires étrangères, a aussi appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations Unies, où la France est un membre permanent, confirmant que celle-ci aura lieu lundi.
La forteresse de Beaufort, bâtie au XIIe siècle et surplombant une large partie du sud libanais ainsi que le nord d'Israël, représente un enjeu stratégique majeur qui offre à l'armée israélienne une possibilité d'avancer vers la ville de Nabatiyé.
Des témoignages de déplacés, comme celui de Zeinab Fakih, révèlent l'impact humain tragique de cette offensive. "Il nous est désormais impossible de retourner chez nous, car la ville est en grande partie détruite", a-t-elle déclaré à l'AFP dans un abri à Saïda. Pour un autre résident, Issa Tfaily, cet événement ne signifie pas une fin de leur résistance : "Nous retournerons à Nabatiyé, si ce n'est pas aujourd'hui, alors demain. Tant qu'il y aura une résistance, nous resterons".
Dans le cadre de cette offensive, Israël a également ordonné l'évacuation des populations vivant dans une vaste zone du sud du Liban, déterminée par les autorités israéliennes. Selon les données de Beyrouth, plus de 3.412 personnes ont été tuées depuis le début du conflit le 2 mars, tandis qu'un million de personnes ont été déplacées. Du côté israélien, le bilan est de 25 soldats tués.
Cette avancée militaire intervient alors que les États-Unis continuent leurs efforts pour négocier un cessez-le-feu avec l'Iran, Téhéran ayant conditionné tout accord à l'arrêt des hostilités au Liban. Pendant ce temps, des frappes israéliennes ont également touché des infrastructures du Hezbollah à Tyr, provoquant des blessés parmi le personnel hospitalier, d'après le ministère libanais de la Santé.
Pour le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, cette reconquête symbolique de Beaufort est un signe fort, 44 ans après une bataille héroïque sur le même site. "Les soldats sont revenus au sommet de Beaufort", a-t-il déclaré, tout en prévenant que "la campagne n'est pas encore terminée".
La forteresse de Beaufort, récemment classée par l'UNESCO, se trouve désormais en danger, selon le gouvernement libanais. Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a insisté sur le fait que Beaufort n'est pas un site militaire de résistance mais un site archéologique, appelant à l'indignation des Libanais. Il est impératif de protéger ce patrimoine face à une offensive qui menace non seulement des vies humaines, mais aussi l'héritage culturel de la région.
La tension entre Israël et le Hezbollah s'est intensifiée, avec des échanges de frappes réciproques. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné ce qu'il appelle une "politique de terre brûlée" de la part d'Israël, tout en plaidant pour la continuité des négociations, une position que le Hezbollah rejette.
Les deux pays, qui n'ont pas de relations diplomatiques, se sont engagés dans des discussions à Washington, bien que les espoirs d'un cessez-le-feu effectif restent fragiles. Les estimations de l'armée israélienne indiquent que 900 membres du Hezbollah ont été tués depuis le début des hostilités.







