Fleurance : un hommage touchant pour la petite Lyhanna
La ville de Fleurance, située dans le Gers, s'apprête à rendre un vibrant hommage à Lyhanna, une jeune collégienne de 11 ans, dont le corps a été retrouvé de manière tragique. Une marche blanche se tiendra ce dimanche 7 juin à 15h, réunissant parents, amis et toute une communauté en larmes.
Prévue pour ce dimanche 7 juin 2026, cette marche blanche qui a pour but de commémorer la mémoire de Lyhanna se déroule dans un contexte de vive tension suite aux polémiques concernant le traitement des plaintes pour violences sexuelles visant le suspect principal. Les parents de la jeune fille ont exprimé leur reconnaissance envers le maire de Fleurance pour cette initiative, à travers leur avocat, François Roujou de Boubée. "Nous invitons également les maires qui nous ont soutenus durant ces moments difficiles à se joindre à nous", ajoutent-ils. La mairie se prépare à accueillir près de 5 000 participants dans un élan de solidarité.
Dans cette petite commune de 6 000 habitants, à 80 km de Toulouse, l'atmosphère restait lourde samedi, deux jours après la découverte tragique du corps de Lyhanna dans un silo agricole abandonné. À la sortie du marché, Florence Arnaud a pris le temps d'inviter ses amis à se joindre à la marche. "Il est crucial d'être ici, pour se soutenir et réaliser que cela peut toucher chacun d'entre nous", a-t-elle confié à l'Agence France-Presse, émue, avec des sacs de courses à la main.
Comme beaucoup d'habitants, son indignation grandit face à la gestion des plaintes pour violences sexuelles adressées contre le principal suspect, Jérôme B., incarcéré lundi pour des charges liées à l'enlèvement et la séquestration. "Reconnaître les erreurs, c'est le minimum", réclame-t-elle, faisant référence aux excuses formulées à la famille par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
"Il faudrait que des actions concrètes soient mises en place", s'indigne Marilou Dedes, croisée alors qu'elle se dirigeait vers le marché. Bien que très touchée par cette tragédie, elle a décidé de ne pas participer à la marche : "Je ne peux pas, ma colère est trop forte", confie-t-elle, la voix tremblante de chagrin.
Des plaintes alarmantes et un manque d’action
Le principal suspect, Jérôme B., 41 ans, fait l'objet de quatre plaintes et deux signalements pour violences sexuelles sur mineures. Malgré des accusations lourdes de pédocriminalité, il n'a jamais été entendu par les enquêteurs. Selon la procureure d'Auch, il avait été précédemment visé par des plaintes pour viol en 2022 et 2025, la première ayant été classée sans suite tandis qu'une enquête pour la seconde est actuellement en cours.
Cette seconde plainte, déposée en août 2025, a également suscité la colère non seulement à Fleurance mais dans l'ensemble du Gers. Transmise au parquet d'Auch par le parquet de Toulouse, les faits s'étant déroulés à Montestruc-sur-Gers, la plainte n'a été enregistrée qu'en décembre 2025 et a été envoyée à la gendarmerie seulement en janvier 2026, ce qui indigne encore plus la communauté locale.
Un questionnement crucial au sommet de l’Etat
Ces défaillances ont été signalées jusqu'aux plus hautes instances de l'État, avec des critiques sévères à l'encontre de l'appareil judiciaire. Gérald Darmanin a exprimé être "furieux" du traitement réservé au suspect et a présenté ses "excuses au nom de la Justice" à la famille. "Il est clair qu'il y a eu des manquements, et c'est inacceptable", a déclaré le président Emmanuel Macron, qui a exigé une investigation approfondie sans accorder d'importance aux excuses liées au manque de moyens dans cette affaire.
Les réactions ne se sont pas limitées qu’à une simple condamnation. L'Union syndicale des magistrats (USM) a signalé que malgré des dysfonctionnements évidents, une impression de recherche de boucs émissaires persiste. Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'USM, a souligné qu'il est essentiel de distinguer les véritables responsabilités, ajoutant que les multiples circulaires émises sans tenir compte de la capacité d'application des services n'ont fait qu'aggraver la situation.
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