Ce texte s'inspire d'une retranscription du reportage mentionné. Cliquez sur la vidéo pour le visionner en entier.
Mythique, cette forêt est si dense qu'elle évoque presque un monde à part. Sa canopée forme un écrin de verdure au-dessus d'un massif parsemé de lacs glaciaires. Au sud-ouest de l'Allemagne, la Forêt Noire attire depuis des siècles les aventuriers désireux de découvrir ses secrets, notamment des randonneurs alsaciens qui s'y rendent en quête d'évasion. "La Forêt Noire doit son nom à sa sombre atmosphère, ombragée par les sapins. Cela crée une ambiance un peu mystérieuse, très charismatique", explique Thierry Heitmann, membre du Club Alsace Rando.
Une forêt aux multiples paysages
Traditionnellement exploitée pour son bois, la Forêt Noire est désormais laissée à l'évolution naturelle. En effet, depuis plus de 10 ans, de larges zones du massif sont préservées de toute coupe. Ce lieu dynamique et accidenté atteint près de 1 500 mètres d'altitude, offrant des panoramas incroyables sur les environs. "Originaire de Normandie, je découvre l’Alsace. La Forêt Noire est un océan de verdure, offrant une vue époustouflante", commente Michaël Mellet, un randonneur passionné.
Lors d'une seule randonnée, on peut découvrir une diversité incroyable de paysages. Un groupe de randonneurs passe au-dessus d'une tourbière puis redescend au bord du Mummelsee, un lac glaciaire entouré de sapins majestueux.
En avançant, des sons de cors résonnent. Cela fait des siècles qu'ils animent l'atmosphère de la Forêt Noire. Entre les vallées, le paysage dévoile un tableau pittoresque de l'Allemagne avec des villages à colombages parfaitement préservés, comme Schiltach, où certaines demeures datent du XVIe siècle. "Ces maisons ont un charme médiéval, c'est vraiment unique", fait remarquer un touriste. "On a l'impression de plonger dans un conte des frères Grimm", souligne un autre visiteur.
Le chant du coucou
Mais ce tableau idyllique ne serait pas complet sans le chant d'un oiseau emblématique : le coucou de la Forêt Noire. Une boutique dédiée propose un impressionnant millier de modèles. Chaque horloge illustre une scène traditionnelle de la vie d’antan. Ces pièces uniques, allant de 50 à 20 000 euros, attirent les clients du monde entier, bien que certains n'envisagent pas d'en avoir une chez eux. "Je n'en voudrais pas chez moi, mais c'est vraiment magnifique", confie une visiteuse.
Les commandes affluent de partout, permettant ainsi au coucou de continuer à chanter. Cependant, le secteur s’amenuise, avec seulement une dizaine d’ateliers restants actuellement, contre un millier en 1840. "Il ne reste plus beaucoup de savoir-faire ici. Auparavant, c'était une industrie florissante", explique Felix Herr, artisan de la maison Anton Schneider Söhne Uhrenfabrik. Aujourd'hui, les horlogers misent sur le haut de gamme et un retour à des traditions anciennes pour faire perdurer le statut de la Forêt Noire comme le royaume du coucou.







