La veuve de l'ancien président Jacques Chirac, Bernadette Chirac, est décédée le 5 juin, selon une annonce de sa fille Claude à l'AFP. Elle a quitté ce monde entourée de ses proches, alors qu'elle venait tout juste de célébrer son 93e anniversaire le 18 mai dernier.
Bernadette Chirac, élevée dans une famille catholique traditionnelle, n'aurait jamais imaginé qu'elle croiserait un jour Jacques Chirac. "Je me souviens de ce grand escogriffe qui s'approchait de moi. Je n'avais pas du tout l'intention de lui parler", racontait-elle avec humour.
Leur rencontre remonte à 1951, alors qu'ils n'avaient que 18 ans, sur les bancs de Sciences-Po Paris. Leurs différences de milieu social laissaient planer des doutes sur leur avenir ensemble. "J'étais méfiante, c'était un tout autre univers", se rappelait-elle, citée par RTL.
Malgré cela, Bernadette prend le risque d'embrasser cette relation, et en 1956, elle devient Bernadette Chirac, s'engageant pleinement au service des ambitions de son mari. "Je devais rester dans l'ombre, avec discrétion", confiait-elle.
Une vie partagée entre amour et devoir
Durant les premières années de leur mariage, elle joue le rôle de l'épouse exemplaire, masquant les trahisons de son mari avec bravoure. "Je voyais bien son succès. Les femmes étaient fascinées par lui", disait-elle, mettant en lumière son douloureux parcours personnel.
"Je suis plutôt une guerrière. Quand on épouse un combattant, il vaut mieux se battre", affirmait-elle, illustrant sa force de caractère. Elle ne se contente pas d'être la compagne d'un homme politique ; elle s'impose comme une conseillère avisée, notamment en 1997, lorsqu'elle conseille son mari sur des décisions politiques majeures.
Bernadette ne se contente pas d'un rôle d'épouse. Elle s'illustre comme la première femme à siéger en Corrèze, un fait marquant dans son parcours. Après l'accession de Jacques Chirac à la présidence en mai 1995, elle continue d'accompagner son mari dans les méandres du pouvoir, bien que sa vie ne soit pas exempte de tragédies.
"J'étais faite pour soigner ma fille, avec l'espoir qu'elle survive", confiait-elle lors d'une interview, évoquant la maladie de leur fille Laurence, un combat qui l'a profondément marquée. En 2004, elle a inauguré la Maison de Solenn, dédiée à l'aide aux adolescents souffrant d'anorexie, une cause qui lui tenait particulièrement à cœur.
Son engagement philanthropique, symbolisé par l'opération Pièces jaunes, lui vaut de recevoir la Légion d'honneur. "J'ai eu une vie exceptionnelle. Je me sens chanceuse de l'avoir vécue", déclarait-elle, pleine de gratitude pour le parcours qu'elle a tracé.
Bernadette Chirac n'a cependant pas pu surmonter la perte de son mari, Jacques, en 2019, et de sa fille, Laurence, quelques années auparavant. Depuis, elle s'était tenue à l'écart des lumières du public, laissant derrière elle un héritage d'engagement et de résilience.







