Eduardo Bolsonaro, le fils de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, a été condamné le 16 juin dernier à quatre ans de prison pour avoir exercé des activités de lobbying auprès des États-Unis dans le but de soutenir son père, dont le procès pour tentative de coup d'État est crucial.
Présent aux États-Unis, l'ancien député de 41 ans a été jugé par contumace pour avoir tenté d'entraver ce procès en faisant pression sur l'administration américaine. Selon Humanité, il aurait sollicité des sanctions économiques contre le Brésil si la décision judiciaire ne se révélait pas favorable à son père.
Quatre juges de la Cour suprême ont donné suite à la demande du parquet et ont qualifié ses actions de « menaces contre les autorités judiciaires ». Le juge Alexandre de Moraes a souligné : « Un député brésilien ne devrait pas faire de lobbying à l'étranger contre son propre pays ».
Tensions avec Washington
Eduardo Bolsonaro, dont le mandat a été invalidé pour absences répétées depuis son départ du Brésil, attend également une inéligibilité de huit ans. En réaction à cette condamnation, il a exprimé sur les réseaux sociaux que « l'objectif de ce procès est de l'écarter de la scène politique », un sentiment partagé par son frère Flavio, qui a dénoncé « une vengeance judiciaire ».
Ce lobbying a d'abord porté ses fruits, Washington ayant imposé une surtaxe de 40 % sur certains produits brésiliens, qualifiant cela de « chasse aux sorcières ». Toutefois, cette surtaxe a été levée début novembre, entraînant une détente dans les relations USA-Brésil, comme l'indique Humanité.
Par ailleurs, les tensions entre Washington et Brasilia n'ont pas tardé à resurgir, suite à une rencontre en mai entre Flavio Bolsonaro et Donald Trump, un moment stratégique alors que Flavio espère le soutien américain pour les élections à venir.
Cette affaire met en lumière des enjeux politiques importants et soulève des questions sur les limites du lobbying et les dangers de l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures brésiliennes.







