Pour contrer la hausse des attaques d’ours dans le pays, le Japon a annoncé l’installation de plus de 800 caméras dans les montagnes du Tohoku. Cette initiative, impulsée par le ministère de l’Environnement, vise à surveiller et à recenser les populations d’ours sur l’ensemble du territoire national. Depuis le 1er avril, le nombre de victimes a tragiquement augmenté, avec cinq personnes tuées et un sixième décès faisant actuellement l'objet d'une enquête.
La peur domine parmi les habitants de cette région, avec des médias qui rapportent quotidiennement des rencontres d’ours dans des espaces publics comme des centres commerciaux ou près d’écoles. Ces derniers mois, les apparitions de ces animaux, à la sortie de leur hibernation, se sont intensifiées, tandis qu’ils s’aventurent fréquemment dans des zones urbaines.
Les objectifs du dispositif
Les autorités japonaises concentreront leur attention sur six principales populations d’ours dans la préfecture de Tohoku. Yu Takahashi, représentant du ministère, explique que ce projet vise à uniformiser le recensement, qui était auparavant effectué par différentes collectivités locales selon leurs propres méthodes. "Nous voulons obtenir des données plus précises pour mieux gérer les populations d’ours", a-t-il déclaré.
Dans le cadre de ce projet, un mélange de miel et de vin sera utilisé pour attirer les ours, dont les marques blanches sur leur pelage, lorsque ces derniers se dressent, seront photographiées.
Une hausse du nombre d’attaques
Depuis 2018, les statistiques montrent une augmentation préoccupante des attaques d’ours, particulièrement cette année où le nombre de décès a dépassé deux pour la première fois sur la période d’avril à juin. Les scientifiques pointent du doigt une population d’ours croissante et un déclin de la population humaine dans les zones rurales comme causes principales des incidents. Les communautés locales sont donc encouragées à prendre des précautions, notamment en évitant de se rendre seules en montagne et en portant un spray anti-ours.
Des situations inattendues se produisent également, comme récemment à Nagoya, où cinq personnes ont été hospitalisées après un incident lié à un spray anti-ours activé par erreur. Le jeune homme impliqué s’est excusé, mais a été arrêté pour avoir perturbé le bon fonctionnement d’un bureau de poste.
Les animaux s’aventurent de plus en plus dans les villes
Les dangers se manifestent dans des situations variées, comme en juin dernier où des équipes ont mis plusieurs jours à capturer un ours errant à Utsunomiya, entraînant la fermeture d’écoles. La situation est d’autant plus inquiétante qu’un autre ours, qualifié d’"extrêmement intelligent" après avoir ouvert une fenêtre, a blessé quatre personnes dans des usines de Fukushima.







