Depuis dimanche, un incendie d'une ampleur exceptionnelle ravage la forêt de Fontainebleau, plongeant plusieurs communes de Seine-et-Marne sous un épais nuage de fumées toxiques, suscitant de vives inquiétudes pour la santé publique.
Des fumées noires et orangées assombrissent le ciel. Les villages voisins, notamment autour de Noisy-sur-École et du Vaudoué, sont envahis par un brouillard épais, régulièrement traversé par des Canadair en mission de secours. Ce sinistre est l'un des trois plus conséquents recensés dans le nord du pays lors des deux dernières décennies. Selon les autorités, près de 1 000 personnes ont été évacuées, sans compter les animaux.
Irritation respiratoire et effets cardiovasculaires
Les fumées provenant des feux de forêt contiennent des particules nocives, incluant le monoxyde de carbone. Ces particules, visibles à des kilomètres à la ronde, sont principalement des particules fines, mesurant moins d'un micron, comme l’a précisé l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Ces dernières, souvent issues de feux intenses, constituent un véritable danger pour la santé.
Les effets à court terme incluent des irritations des voies respiratoires et des complications cardiaques. Les personnes déjà fragilisées, telles que les asthmatiques ou les patients souffrant de maladies cardiaques, doivent faire preuve de vigilance, car ces fumées peuvent aggraver leurs conditions.
Près de 3.000 morts par an
Un rapport d'Oxfam indique que près de 2 830 personnes décèdent chaque année à cause de la pollution de l'air générée par les incendies de forêt. En s'appuyant sur des études publiées dans la revue Nature, l'association révèle que les particules fines émises lors des incendies sont jusqu'à dix fois plus nocives que celles provenant d'autres sources de pollution, comme le transport ou l'industrie.
Des analyses effectuées sur quatorze années en Californie du Sud montrent que les particules issues des incendies sont associées à un nombre accru d'hospitalisations pour des problèmes respiratoires, ce qui met en exergue l'importance de la nature des particules.
Bruno Crestani, pneumologue à l'hôpital Bichat, explique que ces estimations soulignent l'impact significatif de ces fumées sur la santé, surtout si les personnes sont déjà exposées à d'autres polluants comme le pic d'ozone en Île-de-France.
Pour minimiser les risques, il est conseillé aux habitants restés sur place de limiter leurs sorties et de porter des masques filtrants (de type FFP2) en cas d'exposition directe aux fumées.







