Au cœur de la Syrie, l'est d'Alep est devenu le théâtre de nouvelles hostilités entre les forces kurdes et l'armée syrienne, cette dernière cherchant à consolider son contrôle sur la région. Selon des sources militaires rapportées par l'agence officielle Sana, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par des Kurdes, ont ouvert le feu sur des positions militaires et des habitations civiles près de Humeima, provoquant une riposte de l'armée.
Les FDS, quant à elles, ont affirmé avoir déjoué une tentative d'infiltration dans le village de Zubayda, un peu plus au sud, tout en signalant des frappes aériennes de l'armée qui auraient causé plusieurs blessés parmi les civils. La situation délicate est exacerbée par l'exigence de l'armée syrienne demandant aux forces kurdes de se retirer vers l'est de l'Euphrate, accompagnée d'une menace de déclarer la zone comme "militaire fermée".
Un correspondant de l'AFP a observé récemment le déploiement d'unités d'artillerie et de défense anti-aérienne de l'armée syrienne dans la région de Deir Hafer, zone clé face aux FDS. Cette escalade des tensions se situe dans un contexte où, selon Elham Ahmed, responsable des relations extérieures de l’administration autonome kurde, l'armée syrienne préparerait une "offensive à grande échelle".
Les tensions entre Damas et les Kurdes, qui ont tiré parti du chaos de la guerre civile pour s'étendre dans le nord du pays, se sont intensifiées ces dernières semaines, notamment après que l'armée syrienne a repris le contrôle de quartiers auparavant détenus par les Kurdes, tels que Cheikh Maqsoud et Achrafieh. Des milliers de manifestants à Qamichli, une ville kurde du nord-est, ont exprimé leur mécontentement, scandant des slogans contre le régime et incitant à la résistance.
Les violences récentes, les plus graves entre le pouvoir syrien et les Kurdes, ont déjà causé la mort de 105 personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), aggravant les souffrances d'une population déjà éprouvée. Fayçal Mohammad, responsable des opérations de défense civile à Alep, a rapporté que 50 corps avaient été récupérés par des secouristes, soulignant la gravité de la situation humanitaire qui en résulte.
Alors que les combats se poursuivent, le besoin urgent d'un dialogue constructif entre toutes les parties semble plus crucial que jamais. Comme l'a noté l'analyste politique syrien Khaled Al-Hamadi, "le cycle de violence ne fera qu'aggraver une crise humanitaire déjà désastreuse". Les espoirs d'une réconciliation durable sont donc plus que jamais compromis, tandis que les voix appelant à une résolution pacifique se multiplient.







