La Bourse de New York a clôturé en baisse mardi, reflétant une prudence croissante à l’approche de la saison des résultats d'entreprises. L'indice Dow Jones a perdu 0,80%, tandis que le Nasdaq a reculé de 0,10% et l'indice S&P 500 a glissé de 0,19%.
L’inflation américaine a montré des signes de répit avec un indice des prix à la consommation (CPI) en hausse de 2,7% sur un an, inférieur aux 2,9% de décembre 2024. Toutefois, cet apaisement des pressions inflationnistes n’a pas suffi à rassurer les investisseurs, comme l'a souligné Jose Torres d’Interactive Brokers, notant que l'"enthousiasme initial" a rapidement laissé place à un scepticisme palpable.
Le marché obligataire a également été impacté, le rendement des obligations d'État à dix ans étant resté stable autour de 4,18%, après avoir flirté avec les 4,16% post-publication du CPI. Selon Torres, ce retournement de tendance est attribuable au statu quo anticipé concernant les décisions de la Réserve fédérale (Fed) sur les taux d'intérêt. Les analystes évaluent encore qu'une stabilité est à prévoir lors des trois prochaines réunions, avec la possibilité d'un assouplissement en juin, selon les indications de l'outil CME FedWatch.
Des taux d'intérêt plus bas sont souvent considérés comme un facteur favorable pour les marchés boursiers, car ils peuvent se traduire par des bénéfices d'entreprises plus élevés. Malgré les tensions internes au sein de la Fed, Pat Donlon de Fiduciary Trust Company soulève que la possibilité de baisses de taux à plusieurs reprises cette année reste plausible.
Dans un contexte politique chargé, le président américain Donald Trump continue de critiquer Jerome Powell, le président de la Fed, en appelant à une baisse des taux sans prendre en compte les mises en garde sur l'indépendance de la banque centrale. Sa proposition de plafonner les taux d'intérêt sur les cartes de crédit à 10% a entraîné des baisses pour des géants comme Visa (-4,46%) et Mastercard (-3,76%).
La situation est aggravée par des commentaires du directeur financier de JPMorgan Chase, Jeremy Barnum, qui a déclaré qu'une forme de résistance pourrait émaner du secteur bancaire face aux desiderata présidentiels, indiquant que "tout est sur la table". Selon lui, cette dynamique est essentielle à la protection des intérêts des actionnaires.
Sur le front des résultats d'entreprise, JPMorgan Chase a ouvert le bal avec des performances mitigées pour son quatrième trimestre 2025, marqué par une baisse de son bénéfice net suite à une charge liée à l’Apple Card. Cependant, un chiffre d'affaires en hausse témoigne de la résilience des consommateurs et des entreprises. D'autres banques, telles que Bank of America et Citigroup, publieront leurs résultats dans les jours à venir, créant une attente palpable sur le marché.
En revanche, Moderna, créateur d'un des premiers vaccins contre le Covid-19, a vu son action bondir de plus de 17% à 39,60 dollars après des prévisions optimistes de son PDG concernant un chiffre d'affaires annuel de 1,9 milliard de dollars pour 2025.







