La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a décidé de camper toute la nuit devant l'Assemblée nationale, malgré l'annonce d'une "loi d'urgence agricole" qui vise à apaiser la colère des agriculteurs, selon les déclarations du Premier ministre.
"Nous avons consulté les délégations et avons choisi de rester ici pour continuer notre combat", a annoncé Damien Greffin, vice-président de la FNSEA, dans la soirée. Le désespoir et la fatigue étaient palpables parmi les manifestants, qui ont transformé l'esplanade en un lieu de rassemblement improvisé, ponctué de discussions autour de barbecues et de moments de convivialité.
Les agriculteurs, bien que fatigués, semblent résolus à faire entendre leurs voix. "Qu'est-ce que ça change d'y rester la nuit ? Peut-être rien, mais on espère toujours", partage Paul Dherouville, un céréalier de Saint-Lys. "Partir maintenant, ce serait abandonner notre combat", ajoute-t-il, observant l'atmosphère étonnamment douce de cette nuit parisienne.
Une autre voix, celle d'Audrey Roubault, céralière de Fontainebleau, exprime les frustrations largement partagées : "Franchement, je ne crois pas que cela apportera plus de résultats. Nous sommes déçus et fatigués".
Des figures publiques, comme le chanteur Francis Lalanne, ont également rejoins le mouvement, témoignant du large soutien que suscite cette cause : "Je suis ici pour mes grands-parents agriculteurs et pour la solidarité avec ceux qui souffrent".
Malgré l’annonce d’une loi promettant d’aborder des problématiques prioritaires telles que l’eau et les moyens de production, beaucoup estiment que cela ne répond pas aux urgences qu’ils vivent. "Ce texte sera discuté par le Conseil des ministres en mars et ensuite au Parlement avant l’été", a précisé le Premier ministre. Cependant, la FNSEA insiste sur la nécessité de maintenir la pression pour améliorer les conditions de trésorerie et de gestion de l’eau.
Depuis le début de l’hiver, les manifestations agricoles se multiplient et l'insatisfaction s'accroît face à des mesures gouvernementales jugées insatisfaisantes. La Coordination rurale, autre syndicat agricole, a soulevé des préoccupations quant aux différences de traitement observées, notamment en ce qui concerne les interdictions de manifestations.
L'indignation des agriculteurs est alimentée par divers facteurs, notamment la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et les inquiétudes liées à l'accord de libre-échange UE-Mercosur, qui pourrait menacer les producteurs locaux en exacerbant la concurrence extérieure.
Alors que la mobilisation se poursuit sous les projecteurs politiques, l'issue des discussions à venir pourrait déterminer l'avenir de l'agriculture française face à des défis économiques et environnementaux croissants.







