Le climat économique américain se tend alors que le président Donald Trump intensifie ses attaques contre Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed). Mardi, Trump a ouvertement critiqué le travail de Powell, appelant à des baisses significatives des taux d'intérêt, sans tenir compte des appels croissants à protéger l'indépendance de la banque centrale.
Depuis plusieurs mois, la Fed subit des pressions de l'administration Trump, qui cherche à réduire le coût de l'emprunt pour stimuler l'économie. La situation a pris une tournure dramatique dimanche dernier, lorsque Powell a annoncé une enquête par le ministère de la Justice, susceptible d’entraîner des poursuites pénales à son encontre. Ce développement a été qualifié par Powell d'attaque "sans précédent" contre l'indépendance de l'institution centrale.
Powell a souligné que les accusations portées contre lui, portant sur le dépassement de budget des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington, n'étaient rien d'autre qu'un prétexte. Selon lui, la véritable raison réside dans le refus de la Fed de satisfaire les demandes de Trump pour des baisses de taux. En effet, Trump a annoncé devant la presse que la Fed devait impérativement revoir ses taux, arguant que l'inflation est "faible", et a dénoncé Powell comme soit "incompétent", soit "malhonnête" en raison de ces dépassements budgétaires.
Les dirigeants des principales banques centrales du monde, y compris ceux de l'Union européenne et de la Corée du Sud, ont apporté leur soutien à Powell, soulignant son engagement envers l'intérêt public. Dans une déclaration conjointe, un groupe de responsables a affirmé respecter Powell et défendre l'indépendance des banques centrales, ajoutant que les attaques de Trump pourraient avoir des conséquences néfastes pour la crédibilité de la Fed.
Les anciens présidents de la Fed ont également exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme une politisation dangereuse de la justice. Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, a déclaré qu'il avait "énormément de respect" pour Powell, remarquant que toute action qui compromettrait l'indépendance de la Fed serait "probablement une mauvaise idée".
Gregory Daco, économiste chez EY, a averti que cette situation pourrait inciter la Fed à maintenir les taux d'intérêt plus longtemps que prévu pour éviter de donner l'impression de céder aux pressions politiques. Alors que les marchés anticipent une stagnation des taux au premier trimestre 2026, l'inquiétude grandit quant aux répercussions de ces tensions pour l'économie américaine, qui continue de se remettre des effets de la pandémie.
En somme, la lutte entre Trump et Powell met en lumière les défis auxquels les institutions financières doivent faire face dans un paysage politique de plus en plus divisé, et soulève d'importantes questions sur l'importance de maintenir l'indépendance de la Fed. Cette situation mérite une attention constante de la part des analystes et des décideurs.







