Ce mardi matin, Paris a vu l'arrivée massive de tracteurs, un symbole de la montée en puissance des agriculteurs attachés à leur avenir. Les syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont envahi les rues parisiennes, réclamant des mesures rapides face à la signature imminente de l'accord controversé entre l'UE et Mercosur.
Au lever du jour, une première vague de quinze tracteurs a été rapidement rejointe par environ 350 véhicules, en provenance de plusieurs départements de France. Ces agriculteurs, arborant fièrement leurs drapeaux syndicaux, ont pénétré dans la capitale par la porte Dauphine, escortés par des camions de CRS. Vers 6h15, ils ont emprunté l’avenue Foch, klaxonnant en direction de l’Arc de Triomphe, pour finalement s'établir sur les célèbres Champs-Élysées à 6h45. Le parcours, validé par la préfecture de police, s'achèvera quai d’Orsay, avec des manifestants prêts à camper pour prolonger le mouvement, témoignant de leur détermination.
Les slogans inscrits sur les tracteurs, tels que « Pas de pays sans paysan » et « Pas de paysan = pas d’alimentation », résument la détresse des agriculteurs. Fabrice Moulin, céréalier en Eure, s'est exprimé : « Si nous voulons préserver notre souveraineté alimentaire, il est essentiel de nous permettre d'exercer notre métier ». Il souligne que les règles en place rendent leur activité de plus en plus difficile, citant notamment la crise du coronavirus liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et l'augmentation des coûts des engrais.
Pour Baptiste Zado, agriculteur dans les Yvelines, la priorité est la sécurisation du marché français. « L'élevage français doit passer devant celui du Brésil », déclare-t-il, représentant des Jeunes Agriculteurs. L'action est organisée par la FRSEA Grand Bassin parisien, qui exige des réponses rapides pour soutenir la souveraineté alimentaire nationale.
La colère des agriculteurs coïncide avec la signature imminente de l'accord UE-Mercosur, prévue au Paraguay ce samedi. Ils dénoncent une concurrence jugée injuste, avec des produits étrangers moins chers qui ne respectent pas toujours les normes de l'UE. Des actions similaires ont eu lieu dans d'autres zones, comme les ports de Bayonne et de La Rochelle, ainsi que dans d'autres villes à travers la France, montrant une mobilisation sans précédent.
Des agriculteurs en Italie, Pologne et Irlande ont également manifesté contre cet accord, soulignant que la ratification dépendra d’un vote très disputé au Parlement européen prévu pour février. Un rassemblement majeur d'agriculteurs est annoncé à Strasbourg le 20 janvier, promettant d’amplifier la voix du secteur face à la crise.







