Un éleveur en détresse face à la dermatose nodulaire contagieuse

Des éleveurs appelent à l'aide pour surmonter la crise sanitaire.
Un éleveur en détresse face à la dermatose nodulaire contagieuse
Chantal Mauchet la préfète s’est rendue au Caylar. Midi Libre - JEAN-MICHEL MART

Cet lundi, Chantal Mauchet, préfète de l'Hérault, s'est rendue à l'exploitation de Jérôme Clarissac, au Caylar. Ce dernier a partagé avec elle la détresse des éleveurs face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui sévit actuellement.

La crise touche profondément l'élevage français. Lors de sa visite, la préfète a pu constater l'impact de cette maladie sur l'exploitation de Jérôme, qui élève un cheptel de 100 vaches Aubrac. En urgence, il a dû vendre ses 18 veaux à perte, entraînant un manque à gagner estimé à près de 8 000 €. Bien que le gouvernement ait proposé une aide de 4 500 € par exploitation, cela paraît largement insuffisant pour compenser les pertes réelles des éleveurs.

“Je ne pourrai pas faire ça deux ans de suite,” souligne Jérôme, en évoquant les difficultés de son métier et l'incertitude qui s'installe quant à l'avenir de son exploitation. Les contraintes réglementaires pour pouvoir vendre ses animaux parentent son inquiète. Pendant ce temps, à quelques kilomètres dans l'Aveyron, d'autres éleveurs, non affectés par les restrictions, continuent à exercer leur activité.

Cela place les éleveurs de l'Hérault dans une situation précaire. Jérôme Clarissac évoque également les lourds investissements qu'il a dû réaliser, s'étonnant que les normes françaises soient plus contraignantes que celles imposées par l'Union Européenne. Il appelle à une simplification des règles pour permettre une réelle équité entre les éleveurs.

Chantal Mauchet a précisé que la campagne de vaccination, débutée le 19 décembre, progresse bien, avec environ 72 % des animaux vaccinés jusqu'ici. Cependant, cela reste insuffisant pour apaiser les inquiétudes des éleveurs qui, malgré les vaccins, se voient toujours empêchés de vendre leurs bêtes ou de circuler librement avec elles.

Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture, a également pris la parole. Il a souligné que l'enveloppe actuelle de 60 000 € pour 14 000 têtes de bovins est largement insuffisante. “Il faut indemniser les pertes réelles et rapidement libérer les élevages,” a-t-il exigé, en appelant à un soutien gouvernemental fort pour sauver l'agriculture locale.

La situation actuelle est alarmante et nécessite une réponse immédiate pour garantir la pérennité des exploitations, non seulement de l'Hérault mais aussi dans d'autres départements touchés par cette crise sanitaire. Les experts s'accordent à dire que sans un soutien adéquat et des révisions réglementaires, l'avenir de nombreux éleveurs est en péril.

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