En 2025, le conseil de prud’hommes de Bastia a enregistré une augmentation spectaculaire de son activité, avec 317 affaires nouvelles contre 202 en 2024, soit une hausse de plus de 60 %. Une situation inquiétante qui reflète l'état fragilisé de l'économie locale. Selon Ange-Paul Grimaldi, vice-président et ancien président du conseil, cette montée des litiges peut signaler des tensions sociales croissantes.
Lors de l’audience solennelle de rentrée, le bilan a été sans appel : le taux de couverture des affaires est tombé à 86 %, tandis que le stock d'affaires en cours a grimpé de 191 à 212 dossiers. Le nombre de départages, bien que faible, a également légèrement augmenté, passant de 9 à 14, un indicateur qui témoigne néanmoins d'une capacité toujours présente à trouver des compromis entre les salarié·e·s et employeurs.
Dominique Corvi, le nouveau président du conseil, a souligné l'importance d'une bonne entente entre les conseillers pour maintenir des délais de jugement compétitifs.
Cependant, la rédaction des jugements s'avère être le véritable goulot d'étranglement. Bien que le conseil ait accueilli douze nouveaux conseillers dans un objectif de renforcement et de rajeunissement de ses rangs, les défis demeurent. « La complexité du droit du travail rend nécessaire l'expérience pour rédiger des décisions judiciaires, ce qui impacte directement nos délais », a précisé Grimaldi.
Corvi a également mis en avant les efforts de formation en cours pour développer les compétences en rédaction. « Notre priorité est de renforcer la capacité de rédaction pour maîtriser durablement les délais de traitement des dossiers », a-t-il affirmé.
Selon plusieurs experts du domaine juridique, cette situation appelle à des réformes dans la gestion des ressources humaines au sein de ces juridictions. Des sources comme Les Échos et L'Express soulignent que cette montée des affaires judiciaires est un véritable test pour le système judiciaire français, qui doit s'adapter tout en garantissant des procédures équitables et rapides.







