La maroquinière normande Amélie Feret, installée près de Caen, connaît un véritable tourbillon de succès. Sa vidéo, qui a captivé près de 5 millions de personnes sur les réseaux sociaux, a engendré une avalanche de commandes, rendant la gestion de son entreprise presque impossible. "C’était une folie !" s’exclame-t-elle. En quelques jours, sa notoriété a grimpé, passant d’une poignée d’abonnés à un flot incessant d’appels et de messages.
Amélie, 33 ans, s’est lancée dans l’aventure en 2021, après avoir quitté sa carrière de juriste. Grâce à un CAP de maroquinerie, elle a ouvert son atelier, proposant des créations sur mesure telles que des sacs, portefeuilles et ceintures. "Je me souviens encore de ma première vente à un inconnu, un moment marquant dans mon parcours". Au fil du temps, ses partages de vidéos montrant son processus créatif ont progressivement attiré l’attention, jusqu'à l'essor explosif de sa dernière publication.
Un choix difficile mais nécessaire
Les premiers jours après la publication virale, Amélie tentait de répondre à chaque demande, mais vite, elle a compris qu’elle devait choisir entre embaucher du personnel ou mettre en pause ses communications. "J'ai préféré préserver mon indépendance et ma méthode de travail", confie-t-elle. En octobre, elle a donc pris la décision de fermer ses comptes de réseaux sociaux pour se concentrer sur la production des commandes déjà reçues.
Aux dires de plusieurs experts en marketing digital, le succès d'Amélie représente une tendance croissante des artisans locaux à tirer profit des plateformes sociales pour promouvoir leur travail. "Les réseaux sociaux sont devenus des outils puissants pour les petites entreprises, mais la gestion de cette croissance nécessite stratégies et préparation", explique un spécialiste de la communication.
Après un repos nécessaire, Amélie a rouvert ses comptes en janvier, mais cette fois à un rythme plus contrôlé. "Aujourd'hui, je peux prendre le temps d'écouter et de répondre aux attentes de mes clients. Mon but n'est pas de m'enrichir, mais d'exercer mon métier avec passion et de vivre dignement de mon art", conclut-elle. Ce nouveau chapitre lui promet une relation plus intime et personnalisée avec sa clientèle.







