Plus de 3000 manifestants tués par la police, des scènes de violence intense en Iran, et un pays coupé des communications. Les Iraniens vivant à Paris se retrouvent au cœur d'une tempête émotionnelle, cherchant désespérément des nouvelles de leurs proches restés au pays.
Depuis cinq jours, les communications avec l'Iran sont pratiquement impossibles. Selon des organisations non gouvernementales, au moins 3428 personnes perdront la vie en raison de la répression qui s'intensifie. Les manifestations, initialement motivées par la chute du pouvoir d'achat, se sont rapidement transformées en élan de défi contre le régime en place.
Abbas Bakhtiari, un artiste iranien exilé en France depuis plus de 40 ans, exprime ses angoisses : "C'est un cauchemar, un vrai cauchemar." Il a récemment réussi à avoir une conversation brève avec un membre de sa famille, qui a utilisé une carte SIM irakienne pour le contacter. Le membre de sa famille, caché après avoir participé à une manifestation à Téhéran, a décrit une situation chaotique où la police tire sur les manifestants. "Les hôpitaux sont saturés, c'est la guerre ici", a-t-il rapporté.
Shahram Alidi, cinéaste iranien établi à Paris, évoque également le désespoir au sein de sa famille. "Mon frère a utilisé un camionneur près de la frontière pour m'envoyer un message, car c'est devenu la seule méthode de communication viable", a-t-il expliqué. La famille se débat entre peur et espoir, se sentant piégée dans une situation de détresse aiguë.
Leila, une trentenaire ayant grandi à Téhéran, partage ses inquiétudes : "C’est un outil de répression, un massacre, il n’y a aucune limite dans la brutalité du régime." Cette angoisse collective est palpable au sein de la communauté iranienne à Paris, qui se retrouve dans des cafés pour partager leurs émotions et leurs craintes.
Abbas conclut : "Nous nous sentons seuls aujourd'hui, mais il est crucial de se rassembler." Ensemble, ils ont décidé de participer à une manifestation de soutien au peuple iranien, prévue pour le 17 janvier à 15h, place du Panthéon. Unis dans leur lutte pour la vérité et la justice, ils espèrent faire entendre leur voix au milieu de ce silence assourdissant.







