Strasbourg (AFP) – Les révélations sur les conditions de vie en prison ne cessent d'affluer. Récemment, un homme âgé de 42 ans a conduit la France à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour dénoncer son incarcération à la maison d'arrêt de Strasbourg. Les juges ont constaté que les cellules étaient non seulement surpeuplées, mais aussi souillées par la présence de cafards et de souris, l'absence d'eau chaude et le manque d'intimité aux toilettes exacerbant la situation.
Cette décision marque la neuvième fois depuis 2013 que la France est jugée coupable par la CEDH pour des conditions carcérales inacceptables. Patrice Spinosi, avocat du requérant, souligne que ce cas n'est qu'une fraction de ce que vivent de nombreux détenus, car le système judiciaire est difficile d'accès pour la plupart d'entre eux.
Les griefs du détenu concernent la période d'avril à juillet 2016, durant laquelle il n'a pu disposer de sa cellule seul que pendant quatre jours. En outre, il a été contraint de partager un espace de vie de 9 m² avec plusieurs codétenus. Les rapports du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) mettent également en lumière la vétusté de cet établissement pénitentiaire, où les douches peuvent être glaciales.
Les juges de la CEDH ont noté que l'absence de cloisons entre les toilettes et les lieux de vie compromet l'intimité des détenus, rendant leurs conditions d’existence encore plus dégradantes. L'exposition à une souffrance dépassant le niveau acceptable a amené la Cour à qualifier cette situation de « traitement inhumain et dégradant ».
Pour Me Spinosi, cet arrêt, bien qu'important, ne garantit pas de réels changements. Il considère que la surpopulation carcérale est au cœur des problèmes, affectant aussi bien la santé mentale que physique des détenus. D'autres experts s'accordent à dire que sans des réformes structurelles profondes, la situation ne pourra que s'aggraver.
Ce constat alarmant a été corroboré par des récents rapports d'organisations de défense des droits de l'homme en France, révélant que les conditions de détention demeurent largement en-deçà des standards européens. La nécessité d'une réforme dans le système pénitentiaire est aujourd'hui plus pressante que jamais.







