Caracas (AFP) – « Qu'ils les libèrent ! », s'impatientent les proches de prisonniers politiques alors que Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela, annonce la libération de plus de 600 détenus. Elle a également appelé l'ONU à confirmer ces chiffres.
La controverse autour de ces annonces est palpable. Alors que Caracas a récemment révélé une libération de détenus sous la pression des États-Unis, les chiffres avancés sont entre les mains de l'ONG Foro Penal, qui recense uniquement 155 libérations pour un total de près de 800 prisonniers.
« Ça suffit, les mensonges », a déclaré Rodriguez lors d'une allocution à la télévision, dénonçant les tentatives de désinformation à travers les réseaux sociaux. Elle a également annoncé qu'elle contacterait le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, pour vérifier les listes des prisonniers libérés.
Ces déclarations de Rodriguez sont d'autant plus notables que les relations entre le gouvernement vénézuélien et l'ONU ont été tendues, l'organisation ayant dénoncé de graves violations des droits humains.
Vendredi, une trentaine de proches de détenus ont manifesté devant la prison de l'Hélicoïde, un établissement qualifié de centre de torture par les défenseurs des droits humains. Des familles ont campé près d'autres lieux de détention, attendant des nouvelles de leurs êtres chers.
Adriana Abreu, mère d'un prisonnier politique, a exprimé son désespoir, parcourant 16 heures de bus pour rejoindre Caracas. « Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des vies, des milliers de familles », a-t-elle déclaré, exigent la libération de tous les innocents.
Diego Casanova, membre du Comité pour la libération des prisonniers, a souligné la lenteur et l'opacité du processus, qualifiant cela de nouvelle forme de violence d'État envers les victimes. L’ONG Justice Rencontre Pardon a également annoncé le décès tragique de Yarelis Salas, mère d'un détenu en attente de libération.
Rafael Tudares Bracho, l'un des prisonniers les plus médiatisés, a été libéré récemment, mais de nombreux opposants aux autorités restent derrière les barreaux.
Récemment, des milliers de partisans de l'ancien président Nicolas Maduro ont également défilé à Caracas, réclamant le retour de Maduro et de son épouse, tout en critiquant la position du gouvernement américain sur les ressources pétrolières du pays. "Le pétrole est à nous. Et il doit être payé comme il se doit", a déclaré une manifestante.
Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, a promis de soutenir la libération de Maduro lors de cette manifestation, évoquant des ambitions politiques futures pour le pays.
Malgré les promesses du gouvernement, le chemin vers la liberté des prisonniers politiques semble semé d'embûches et suscite une frustration croissante au sein de la population.
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